Les gorges de Kherrata pillulent de monde en ces temps de vacances, si des touristes venus de toutes les contrées d’Algérie choisissent de faire un saut du côté des gorges, ce n’est pas du tout le fait du hasard. A travers ces endroits majestueux se mélangent histoire et tourisme. Pour mémoire, les fameuses gorges ainsi que le tronçon de l’ex-RN 9 furent les œuvres d’Algériens. Les pauvres prisonniers bossaient jusqu’a ce que mort s’en suive, les plus faibles furent purement et simplement balancés au fond du ravin. C’était pendant la période allant de 1932 à 1938. Côté tourisme, les vacanciers pour la plupart préfèrent s’installer à même les ponts afin de contempler montagnes, ravins et falaises. Une famille de singes d’espèces magots faisait partie du décor des lieux depuis déjà belle lurette, les mêmes bêtes sont même gâtées, car, pendant cette période précise, elles reçoivent de la part des estivants, une bonne dose d’aliments. “Ces animaux se souviennent des tortures subies par les Algériens pendant la guerre. Leurs ainés avaient vécu également les massacres d’un certain printemps de 1945,” dira une vieille femme venue de Sétif et qui connait parfaitement les lieux. Nonobstant l’histoire, les gorges ont gardé leur beauté en apportant une certaine fraîcheur à ces endroits qui restent éternellement beaux. Du haut d’un pont, l’on peut admirer une grosse roche plate étalée au fond du ravin, cette pierre majestueuse qui attire d’ailleurs tous les regards porte l’inscription suivante : “Les premiers hommes qui passèrent par cette rive furent des soldats dirigés par le commandant Bugeaud”. Plus loin, les grosses cloisons du barrage Ighil Emda, ont pour rôle de retenir et de déverser les eaux au moment du trop-plein. Des eaux limpides et le bien-être viennent ajouter leur “symphonie” à une nature oh ! combien paradisiaque. “Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on peut trouver chez soi ?”, ajoutera un touriste venu d’Alger. Tout au long de la route historique, les jeunes de la région profitent de ces moments pour vendre toutes sortes de choses. “El hamdoulillah, ça marche bien”, ironisera un jeunot qui tenait une gousse de mais dans sa main. Enfin, à l’entrée des gorges, les restes d’un minerai de fer, de plomb et même d’or étaient exploités jadis par les Français. Les rails de chemins de fer témoignent de la présence d’un train qui acheminait les matières premières au port de Melbou via la chaîne des Babors. Ces sites magiques ont su garder leur charme et aujourd’hui, le touriste a beaucoup de choses à découvrir. “Je suis ébloui et comblé par un tel relief” clame un autre passant. Si les gorges m’étaient contées…
A. Nabet
