Tafrara renaît de ses cendres

Icharqiyen, un village situé à quelques encablures seulement du chef-lieu de la commune de Maâtkas est connu par son active association culturelle « Tafrara », une des plus ancienne association de la région puisque la date de sa création remonte à 1991. Après de longues années d’efforts et d’activités. Dans le domaine de la culture et de l’artisanat elle a eu même à organiser la Fête nationale de la poterie notamment la 9ème édition qui a été un franc succès selon les déclarations de nombreux observateurs. Toutefois « Tafrara » n’a pas été épargnée par les événements du Printemps noir qui l’ont obligé à mettre la clé sous le paillasson en attendant des jours meilleurs. Après le retour au calme et l’apaisement quoique fragile, les membres de « Tafrara » ont décidé de réactiver leur illustre association afin d’animer la scène culturelle dans leur village, et dans toute la région de Maâtkas, et de mettre un cadre favorable et adéquat à la disposition de la masse juvénile de Cherqiya où ils pourront évoluer. C’est désormais chose faite puisque l’association a reçu l’aval des autorités concernées et l’agrément depuis le 23 mars 2009. Les membres de l’association ont choisi le 20-Août pour honorer les lauréats et l’ensemble des meilleurs élèves du village qui sont au nombre de 64. Pour donner une dimension supérieure à la cérémonie et donner l’occasion à l’ensemble des présents de connaître ce qu’est exactement le congrès de la Soummam, M. Kourat, un historien de la région est invité pour animer une conférence à ce propos. Pendant plus d’une heure M. Kourat est revenu sur la longue marche de la révolution nationale et de l’apport considérable du congrès de la Soummam dans surtout l’organisation de la lutte armée et de la vie politique nationale. A ce sujet, M. Kourat révélera que « l’histoire de l’Algérie, est longue, compliquée et confuse car dans le temps l’Algérien n’écrivait pas, ce qui rend la tâche plus difficile mais il faut s’y mettre et passer au crible les témoignages et les écrits des uns et des autres. Quant au congrès de la Soummam, disons que c’est le fondement de base de la révolution algérienne qui a engendré l’indépendance de l’Algérie ». Bien sûr, le conférenciers, s’étalera longuement sur le rôle qu’ont joué les enfants de la tous saint et de l’action de Krim et de Abane dans l’élaboration du document de la Soummam où sont établis clairement les rôles du militaire et du civil et leur organisation, la primauté du politique sur le militaire, la zonalisation de l’Algérie, du FLN, du CNR et du CCE.

Un long débat s’en est suivi entre d’une part le conférencier et les nombreux présents ce qui démontre que les citoyens veulent connaître l’histoire de leur pays et leur attachement aux principes et aux objectifs tracés par le congrès du 20 août 1956. Après cette conférence débat, riche en enseignements, on procéda à la remise des cadeaux et des attestations d’encouragement aux 64 lauréats (bac – BEM – 5ème) les représentants des associations (Raj – Tanflit – Tigjdit ont été également, honorées par l’association Tafrara qui n’a pas oublié par la même occasion de remettre à la Dépêche de Kabylie un symbole qui constitue l’essence même et la raison de son existence : Le « Z » n’imzighen ! Un banquet traditionnel est offert à l’ensemble des invités et de tous les présents. Signalons enfin qu’un DJ est prévu pour fêter convenablement la renaissance de l’association culturelle « Tafrara ».

Hocine Taïb