Inauguration d’une salle de sports et d’une salle de soins au village Ighil Oumced

L’APC d’Ichelladen, en collaboration avec les associations « Ax-Taf » (xdem tafedh) et EMIO (Etoile montante Ighil Oumeced) ont inauguré, mardi 18 août au village Ighil Oumced, une salle de sport d’un coût total de 6,5 millions de dinars et d’une superficie de 165 m2 et une salle de soins répondant aux normes en vigueur régissant ce genre d’établissements. De nombreux citoyens natifs du village, des membres de l’ONM, ONEC, notables de villages de la commune ont assisté à cet événement. Notons que la première infrastructure est inscrite sur le plan communal de développement (PCD) 2004 pour un montant initial de 2 millions de dinars, sa réalisation a tardé à voir le jour, à cause de la situation foncière, de l’assiette de terrain et des offres restées infructueuses. Le personnel devant veiller au fonctionnement de la salle sera à la charge de l’APC. La salle des sports est baptisée au nom du chahid Benyassaâd Saïd né en 1943 et tombé au champ d’honneur en 1960 : la salle des soins quant à elle, portera le nom du chahid Amarouche Mohand Arezki né en 1939 et tombé au champ d’honneur en février 1962. Beaucoup d’élèves et de champions sportifs ont reçus des mains des invités des cadeaux, qui pour leur succès aux examens scolaires, qui pour leur consécration comme champion d’une discipline sportive. Des exhibitions du thaï tji su, karaté-do et bien d’autres ont eu lieu. Un déjeuner copieux qui aurait coûté 20 millions de centimes a été servi pour tous par les associations du village. Monsieur Maïbeche, P/APC, qui nous a entretenu au sujet de la date choisie pour ces inaugurations, nous dira : « nous avons voulu inaugurer ces infrastructures dans la foulée de la célébration du 20 août, d’une part, pour mettre d’abord en évidence le fait qu’elles sont des réalisations de l’indépendance, d’autres part, pour permettre aux officiels de venir assister car nous savons très bien que leur calendrier est saturé pour le vingt, malheureusement aucun d’eux n’est venu » ; l’air navré, il ajoute : « On aurait aimé les voir parmi nous, car nous avons de cruciaux problèmes à leurs soumettre ! Mon espoir est de voir tous les villages de la commune bénéficier de ce genre d’infrastructures ! « . Au village Ighil Oumced, les maisons modernes avec leurs angles droits, décrites déjà par Feraoun dans les « jours de kabylie », alternent harmonieusement avec les maisons traditionnelles ; les rues, plus larges et bétonnées permettant le passage même des voitures, contrastent totalement avec celles boueuses et pleines d’immondices décrites par Albert Camus dans les « misères de Kabylie ». Aux alentours du village, la broussaille méditerranéenne réapparaît alors que le figuier s’éclipse. Au loin, la plaine de la Soummam, parsemée d’habitations, d’immeubles et d’unités de productions, a certainement perdu aux yeux des paysans sa valeur d’autrefois ; une terre agricole fertile, une mère nourricière, la meilleure qui soit. La « patcha mama » (la terre mère), comme disent les mayas de l’Amérique latine, et qui est devenue l’objet de convoitises immobilières de tous. Certes, aujourd’hui, le cadre de vie de nos villages n’est plus comparable avec celui de la nuit coloniale, mais il est indéniable que le rapport de l’homme à son environnement immédiat, le rapport du paysan à sa terre, objet de controverse éternelle, se dégrade sans cesse.

B. Sad