Laxisme, incivisme et inconscience, mélanger le tout à quelques gouttes de liqueur voilà bien, les ingrédients de la recette miracle d’un cocktail explosif qui n’arrête pas de faire du mal, beaucoup de mal même à la beauté de la vierge Kabylie.
Si prendre nos routes et chemin vicinaux de jour comme de nuit étaient autrefois un réel plaisir des yeux et un réconfort pour le moral pour tout ce que cette région pouvait nous offrir en termes de paysages paradisiaques et ensorcelants, à couper le souffle aux plus avertis, une beauté qu’on découvre au fil de la et de kilomètres parcourus, des virées interrompues souvent par des pique-niques, qu’on improvise aux abords des routes au milieu d’une verdure qui n’existait jadis nulle part ailleurs et des parfums de plantes et de fleurs en tous genres dont seul la Kabylie détient le secret. Mais aujourd’hui, qu’en est-il de tout cela et que reste-t-il de toute cette romance ? Pas sûr qu’un petit brin subsiste encore. En effet en plus d’une pollution à grande échelle due aux ordures ménagères s’ajoute une autre, toute étrange à nos coutumes et mode de vie, il s’agit bien sûr de la pollution que provoque les millions de bouteilles et canettes de bières en verre et autres produits, jonchant les deux cotés de la chaussée, vous donnant l’air de rouler en pleine décharge.
Aucune route quelque soit son statut, aucun chemin même ceux situés dans les zones les plus éloignées et peu fréquentées n’échappent à la règle. Si la prolifération des débits de boisons alcoolisés sauvages et illégales ainsi que la généralisation et l’utilisation des emballages jetables à grande échelle sont pour quelque chose, l’incivisme, le peu d’insouciance, l’ingratitude et le mépris maladive affichés envers cette nature si radieuse et généreuse, sont pour beaucoup dans ce massacre écologique et culturel qui se déroule sous un silence de chapelle, frôlant le ridicule et dégageant l’odeur nauséabonde de complaisance. C’est pour ces charognards barons du commerce des liqueurs et autres rapaces aux mœurs légères, qui puisent leurs richesses et fortunes colossales des fins fonds des souffrances et détresse de la société, cela ne vaut même pas une goutte d’encre versé, les dommages collatéraux de leurs transactions laissent des sequelles et blessures inguérissable dans la chair de Dame nature, autrefois ravissante et joyeuse, étant donné que ces déchets solides ne sont pas biodégradables.
Des solutions existent bien sûr, on peut citer à titre d’exemple, la plus radicale, qui consiste à interdire tout bonnement l’utilisation de ces emballages jetables ou du moins leurs récupérations et recyclages ce qui ne sera sans doute pas sans retombées économiques sur notre pays puisque de telles solutions vont sûrement nous permettre d’économiser des millions voir des milliards en devises sonnantes à condition bien sûr, que la volonté des responsables concernés se manifeste au grand jour.
On attendant, les consommateurs doivent comprendre que leurs liberté de se saoûler à satiété et leur plaisir ne doit en aucun cas enlaidir la beauté de la Kabylie elle-même enivrante.
Arezki Toufouti
