Dans le domaine agricole — son créneau d’origine — la caisse couvre les risques liés à la production végétale et animale et apporte son soutien à l’investissement par l’octroi de crédits aux agriculteurs. Abordant ce volet, le directeur de la Caisse régionale de la mutualité agricole (CRMA) de Bgayet nous révèle que l’organisme dont il a la charge détient sur les agriculteurs une créance de 18 milliards de centimes arrivée à échéance. Par ailleurs, et en dépit de l’effort de vulgarisation des assurances notamment par l’édition de prospectus pour toutes les activités agricoles comme les céréales, les vignes, l’aviculture, l’élevage bovin et ovin et les modalités d’y souscrire, la part de l’agriculture dans le portefeuille de la CRMA reste marginale. Au 31 décembre 2004, 150 mutualistes seulement ont été dénombrés à l’échelle de toute la wilaya de Bgayet, représentant un taux dérisoire de 7% du portefeuille de la CRMA. A titre illustratif, le nombre de sociétaires, du moins l’immense majorité, qui ont souscrit des contrats d’assurance, l’ont fait dans la seule optique de bénéficier de l’aide de l’Etat dans le cadre du Fonds national de régulation et de développement agricole (FNRDA). Certains agriculteurs assurés, nous ont fait part de leur étonnement devant le refus de la CRMA de les indemniser, suite à la perte de leurs vergers consécutive à des inondations. Ce à quoi le premier responsable de la caisse a répondu : « Les deux parties (assureur-assuré) doivent s’en tenir strictement au contrat d’assurance. Celui-ci couvre uniquement le produit ». A un autre mutualiste dont la serre a été endommagée par le vent et qui a buté sur le même refus de la caisse de lui consentir un quelconque remboursement, le directeur de la CRMA, tout en précisant que ce genre de litiges est rarissime, a rétorqué que « seul un expert désigné à cet effet est habilité à se prononcer ». S’agissant enfin de l’absence tant décriée dans le milieu agricole de polices d’assurances couvrant la sécheresse, notre interlocuteur nous fera savoir que ce genre de risques est pris en charge par l’Etat par le biais du Fonds de garantie des calamités agricoles (FGCA).
Nacer Maouche
