Les donneurs de leçons sont omniprésents ! L’Algérien est de tout temps la cible d’une moralisation à outrance. Après les habits « indécents » des femmes, après les fetwas contre la musique, les plages, les soirées, la mixité, le sport…, les islamistes, agissant décidément en terrain conquis, s’attaquent à tous les aspects de la vie, afin de mieux réguler le quotidien des fidèles. Cette fois-ci, ce sont les voitures de marque américaine, les Chevrolet, plus précisément, et les vêtements frappés de motifs occidentaux qui sont désignés du doigt. Les intégristes islamistes ne ratent aucune occasion pour faire de la propagande. Ainsi, tout accessoire utilisable dans la vie de tous les jours doit être soumis à une analyse minutieuse de la part de ces « muftis ». Sait-on jamais : un signe religieux judaïque ou chrétien est peut-être niché dans d’autres images et photos sur l’envers d’un tee-shirt ! Tout est délit chez eux ! L’amour, comme le rire, la joie, la mode, les maquillages… sont passibles de crime contre la morale islamiste. Et pour ce faire, leurs stratégies sont claires : un islamisme des maquis pour faire fléchir l’autorité militaire de l’Etat, un autre des institutions pour accaparer les leviers de l’Etat et enfin un islamisme « social » qui s’exhibe à travers ces tentatives de contrôle de la vie sociale, en imposant des rythmes de vie basés sur le plus grossiers des moralismes. Cette socialisation par l’interdit et la culpabilisation sert à créer une dynamique sociale imprégnée de valeurs religieuses conformes aux idéaux intégristes. Le silence observé par les autorités concernées quant à ces agissements n’est là que pour renforcer l’efficacité de ce genre de procédés. Les pouvoirs publics, toujours prompts à réprimer une marche de syndicalistes, d’un parti démocrate…, laissent le champ libre aux activistes islamistes. Les démocrates, eux, s’il en reste, occupés par la gestion des luttes intestines dans leurs partis, ont trop à faire avec l’affairisme et autres intérêts étroits pour s’adonner à « l’ingrate » mission du militantisme patriote… La désertion du terrain par les porteurs de projets modernistes, le recul des valeurs du militantisme, les intransigeances du pouvoir et la pression islamiste ont fait que l’Algérien est l’otage de toutes les pratiques politiciennes. A ce capharnaüm s’ajoute la complicité passive des pouvoirs publics, lesquels ferment les yeux devant les agissements dangereux de militants intégristes. Dans d’autres pays, seul l’Etat est habilité à réguler la vie publique, en Algérie la moralisation par la religion est un substitut à l’absence de l’Etat, lequel donne l’impression d’agréer un tel comportement !
M. Mouloudj
