Il est le plus grand cours d’eau de toute la région d’Ath Mansour, à cheval entre les deux commune limitrophe du Tifra et Akfadou. Ses origines il l’on tiré don fins fonds de la forêt de chênes verts sur les hauteurs de l’Akfadou. Jadis ses eaux étaient très propres, clairs et son débit très puissant, les anciens en ont profité pour ériger des moulins a grains qui fonctionnaient a l’aide de la force de ses torrents.
Ighzer Ivouraien renfermait dans ses flots une faune très riche constitué de déférente espèces de poissons mais aussi une flore inestimable, en somme un écosystème complet en soi. C’est aussi dans ses eaux que la plupart des jeunes de la région et même d’autres contrées lointaines venaient chaque été faire leurs premier plongeons et brassés, les préparant à se mouvoir plus tard tels des poissons dans les eaux salées de la méditerranée. « Tamda N’sevaâ ». « Tamda N’tassurth » et « Tamda Thala Tvoudha », étaient des vraies écoles qui ont formés des générations et des générations de jeunes, mais aussi des espaces d’expressions et refoulement de l’énergie juvénile.
Mais malheureusement avec l’avènement de la modernité et ses dommages collatéraux, ces eaux limpides commencent à prendre une couleur sombre et la faune a se rétrécir de jour en jour, telle la peau du chagrine le rendant méconnaissable aux yeux même de ceux qui l’ont côtoyé des années durant. Le désastre a commencé avec la réalisation des premières conduites d’assainissement des eaux usées des villages environnants des deux rives, lesquelles déversent chaque jour des milliers de mètres cube de ce liquide chargé en matière organiques et autres substances sans aucune épuration. A présent, dans ce qui semble comme une sacrée volonté de bien achever cette sale besogne, nos braves citoyens de la région d’Ikedjane notamment n’ont pas trouvé mieux que de faire du pont « Ivouraien » une vraie décharge a ciel ouvert. Des tonnes d’ordures ménagères, débris et autres graves mais aussi des déchets organiques déposées par quelques propriétaires de poulaillers sans scrupules viennent chaque jour alimenter ce lieu insolite de part son nouveau visage hideux. En effet, en l’espace de quelques années seulement cet endroit qui était autrefois très propre est devenu répugnant et laisse un désagréable souvenir dans la mémoire de tous ceux qui rentrent ou sortent de la région étant un passage obligatoire. L’interdiction de telles pratiques et la sensibilisation de la société sur les dangers qu’elles représentes sur l’environnement et le milieu naturel de l’homme ainsi que la collecte d’ordures ménagères et leurs acheminement vers une décharge contrôlée, opération, apprend-on, qui est en phase d’être entamée par les services de la municipalité locale reste la seule solution possible, même si cela n’empêchera pas les séquelles de demeurer encore des centaines d’années durant, temps qu’il faudra pour que la nature reprenne ses droits et termine son travail de décomposition et recyclage de certains de ces déchets, alors que d’autres resteront des siècles encore au fond et aux abords de ce cours d’eau. La problématique que se pose a présent est « tant que nous ne sommes pas conscients des dangers qui en découle de nos actions, nous ne les assumerons jamais et tant que nous ne les assumerons pas, le massacre continue et le pire est à craindre car nous amorcons inévitablement notre autodestruction ».
Arezki Toufouti
