“Le rugby est un sport qui véhicule beaucoup de valeurs’’

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La Dépêche de Kabylie : Après quelques mois d’existence, vous avez marqué plusieurs points concernant la promotion de la discipline, un mot ?

Les objectifs du club au cours de la saison 2008 étaient bien de lancer la section, ça a commencé avec des journées portes ouvertes du mois de juin 2008 où une affluence record (mille enfants) est venue au niveau du club ou nous avons sélectionné une cinquantaine d’enfants qui sont actuellement au club.

Depuis le démarrage de la section au mois de novembre dernier à ce jour, notre effectif avoisine les 80 adhérents plus 6 éducateurs stagiaires et un entraîneur, qui est un ancien joueur de rugby en France, installé comme DTS du club. Au début nous voulons tout juste démarrer la section et de s’identifier au niveau local au près des autorités et des instances sportives, au niveau du ministère et du comité olympique algérien ainsi qu’avec d’autres clubs en faisant des échanges et des tournois. Nous avons aussi organisé un tournoi de Beach rugby ici à El Maghra (Béjaïa), qui est une autre version du rugby car il se joue à 7. On a pris part aussi au tournoi d’Oran ou nous avons réalisé de très bons résultats. Malgré le manque de moyens et de subventions, on n’a pas reçu de subvention car on est une nouvelle section. Je pense que nos objectifs sont atteints.

Avez-vous reçu des aides pendant les actions que vous avez réalisées ?

Il faut rendre hommage à la DJS qui nous a aidé matériellement ainsi que Cevital pendant les portes ouvertes organisées au stade de l’Opow.

Il faut aussi signaler l’aide de M. Azouaou qui nous a dotés d’une vingtaine de ballons de rugby.

Et concernant le volet infrastructure ?

On manque énormément mais on essaye d’utiliser nos propres relations pour essayer d’avoir quelque chose et on remercie au passage monsieur Bakouri, PDG d’Alcost qui nous a doté de 2 créneaux avec une promesse d’avoir plus pour cette saison et nous avons aussi un créneaux à l’Opow qui reste insuffisant mais on se contente du peu qu’on a pour le moment.

Apprendre le rugby en 6 mois et avec un volume horaire minime est très positif pour la discipline donc je rends hommage aux éducateurs et aux athlètes qui fournissent des efforts énormes malgré le manque de moyens et la méconnaissance de la discipline.

Quelle est la politique du club pour élargir au maximum la pratique de cette nouvelle discipline ?

On a des objectifs au niveau du club dont le principal est la promotion de la discipline et d’autres actions seront lancés dans ce sens comme celle du mois de juin 2008, donc il faut aller vers les jeunes et leurs faire découvrir cette nouvelle discipline. On a aussi d’autres démarches comme le passage dans les établissements scolaires, le scolaire est la pâte de toutes les disciplines et on ne peut pas s’en passer. En sensibilisant les chérubins sur cette discipline et en leur faisant découvrir certains détails du rugby, surtout le ballon auquel ils n’ont jamais eu l’occasion de le toucher, on est arrivés à dénicher beaucoup de talents. Après la prospection, on passera au volet pratique c’est-à-dire les entraînements où nous manquons aussi de techniciens qualifiés dans la discipline car on a pas encore pensé à le faire, alors on se contente des anciens joueurs, s’ils existent ; chez nous on a un grand technicien qui était ancien joueur en France, installé récemment à Azazga et qui vient nous donner un coup demain, il est à féliciter sans oublier nos jeunes universitaires- stagiaires qui font un travail gigantesque.

Quand verra t-on un championnat national du rugby ?

Pour le moment, on est encore en période de structuration et on s’est mis d’accord avec les autres clubs nationaux pour que chacun organise un tournoi afin de créer un climat de compétition. Pour le moment il existe à l’échelle nationale 5 clubs très bien structurés avec un nombre important d’athlètes, ils travaillent sur le terrain quotidiennement alors que sur le plan administratif, il existe 14 clubs qui ont besoin de nous pour les aider à organiser des journées portes ouvertes et notre objectif est de créer d’autres sections ailleurs. Localement, nous avons organisé le Beach rugby pour dire aux gens qu’il existe 3 versions de rugby il y a le rugby à 15 qui se joue dans un terrain de football, le rugby à 7 qui se joue dans un terrain de football ou dans une salle et le Beach rugby qui se pratique au niveau de la plage, comme on est une ville côtière et avec un manque flagrant d’infrastructure, on veut se spécialiser plus dans le Beach rugby mais on essayant toujours de réunir les meilleurs conditions pour lancer un championnat national.

Comment peut-on arriver à lancer un championnat alors que la structure qui va le gérer, bien entendu la fédération, n’existe pas ?

Le travail doit débuter à la base. On doit former et prouver qu’on existe. Que des clubs travaillent et c’est à partir de là que peut émerger l’idée de créer une fédération ou une association de clubs.

On vous laisse le soin de conclure…

Béjaïa, qu’on le veuille ou non, est une ville sportive et notre but, après la création de la section, est de créer un sport qui n’existait pas avant, permettre aux jeunes de pratiquer un sport qu’ils ne connaient pas car l’occasion leurs est offerte pour réussir dans cette discipline car le rugby est le seul sport qui n’a pas d’exigences physiques ou techniques. N’importe quel athlète peut se retrouver et trouver son poste, quelle que soit sa forme et ses qualités et ses capacités, car le rugby dispose de plusieurs postes et chaque poste a ses exigences. Cette discipline à une image de sport violent mais des que l’athlète l’intègre, il découvre un autre monde, un sport qui véhicule plusieurs valeurs telles l’entraide et la solidarité. Concernant les autorités locales, le fait de nous récompenser lors de la cérémonie organisée par le wali, je pense qu’il seront toujours derrière nous et ils sont à remercier d’avance.

Entretien réalisé par Zahir Hamour

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