La santé, ce parent pauvre

La couverture sanitaire dans la commune de Beni Maouche est, pourrait-on dire, au ras des pâquerettes. Evacuer un malade, transporter un moribond et soigner un…cadavre, une expression usitée sous nos cieux, sied parfaitement à cette circonscription déshéritée. « La santé dans notre commune est passée de vie à trépas », tranche d’emblée, M. Laidaoui, le P/APC de Beni Maouche. « Nous n’avons en guise d’infrastructures sanitaires qu’une polyclinique au chef-lieu et une unité de soin au village Aguemoun », nous explique t-il. A la polyclinique de Trouna où nous nous sommes rendus, l’hygiène paraît impeccable. « Nous dispensons des prestations de médecine générale, de stomatologie et nous avons une maternité rurale à l’intention des parturientes », nous apprend un agent de la santé exerçant au sein de la structure. « Le manque de personnel est surtout patent au niveau de l’unité de soins d’Aguenoun où ne sont assurés pour l’heure que les injections et des soins infirmiers », ajoute t-il. Pour le staff communal de Beni Maouche, le manque qui se fait cruellement sentir, c’est l’absence d’un point d’urgence au niveau de la polyclinique de la ville : « Si par malheur, vous tombez malades après 17 heures, il n’y a aucun médecin sur 17 kilomètres à la ronde pour nous prendre en charge », fait observer le maire. « Nous avons eu pas mal de cas de malades décédés au cours de leur évacuation à Seddouk ou plus loin jusqu’à Akbou », soutient le P/APC. « La santé de proximité prônée par les pouvoirs publics n’a de proximité que le nom quand une population de 20000 habitants, en plus d’endurer l’enclavement et le dénuement, doit se contenter d’un seul médecin », tonne Idir, résidant à Aguenoun. A Ighzer Oubellout, Ath Boudjala ou Tala N’tinzer, les plus reclus de la commune, les habitants semblent plus proches du ciel que des officiels. « Avec toute la misère qu’endurent les gens, on s’étonne que la campagne se désertifie », s’offusque un habitant du village Aït Adjissa.

N. Maouche