Dur, dur le Ramadhan

Des mines défaites, les lèvres sèches, le pas mal assuré et une démarche incertaine, tel est l’état des jeûneurs dans les régions du pays profond. Chaque jour qui passe diminue un peu plus le degré de résistance et cela en raison d’un cumul du manque de sommeil sachant qu’aucun des jeûneurs ne peut trouver le sommeil avant minuit et plus. A cela, s’ajoute la rupture du sommeil à l’heure de shor entre 3h et 4h du matin, une perturbation du cycle de sommeil et de l’alimentation qui influent sensiblement sur les corps les plus résistants aggravé par des rapides sautes d’humeurs en particulier chez les fumeurs et les amateurs de café qui se retrouvent avec les nerfs à fleur de peau d’où de fréquentes altercations qui dégénèrent bien souvent.

Tous les citoyens de toutes catégories et de tout âges interrogés à ce sujet sont unanimes et affirment que cette année, le Ramadhan est exceptionnellement dur ; d’abord, à cause d’une canicule qui frôle l’insupportable ensuite une réduction drastique du régime alimentaire avec un menu réduit par rapport aux années passées à cause d’une chute libre du pouvoir d’achat de l’écrasante majorité des foyers, aggravé par une flambée des produits alimentaires qui réduit les achats au minimum vital.

Personne ne peut se permettre les dépenses folles de jadis durant le mois de Ramadhan. Mêmes les traditionnelles veillées qui regroupent de nombreuses familles le long du mois du Ramadhan ne sont plus qu’un ancien souvenir pour lui, soit pour éviter les dépenses supplémentaires en sucrerie et breuvage !!!

La misère est partout, palpable, à tel point que les interminables séries publicitaires de l’ENTV vantent les qualités de toutes sortes de victuailles sont interprétées comme une sorte de provocation par les familles démunies, la révolte est d’autant plus grande sachant que ces spots sont adressés à une catégorie spécifique et existante dans un pays qui prétend aligner au même niveau de vie sa population.

L’on remarque au contraire un écart galopant entre l’écrasante majorité de cette population réduite à la survie et une autre couche sociale qui vit dans l’opulence et à l’abri du besoin et qui se fait de surcroît arrogante et méprisante envers la première catégorie.

Des personnes âgées se font catégoriques et affirment que le Ramadhan de cette année vu sous un certain angle est le plus difficile depuis l’indépendance, plus difficile même comparé aux années 90 quand l’Algérie était au bord de l’asphyxie financière doublée d’un terrorisme barbare, deux faits qui ont sensiblement reculé et pourtant ce qui se passe cette année est tout à fait le contraire de ce qu’attendait une population à laquelle on rabattait les oreilles avec 150 milliards de dollars d’engrangés et une dette extérieure presque disparue.

Oulaid Soualah