A Tizi Ouzou, après une stagnation qui a jeté les projets inscrits dans le cadre de ce programme sur les rives de l’échec (les projets pilotes), le PPDRI s’est remis, grâce à un nouveau plan et une stratégie dans la voie du développement. La wilaya de Tizi Ouzou a bénéficié de 60 projets de PPDRI au profit d’une quarantaine de localités de la wilaya. La Conservation des forêts, dont le premier responsable nous a reçus dans son bureau, ne dispose pourtant pas de moyens humains et matériels qui pouvaient bien lui permettre de jouer son rôle. La direction des forêts compte une soixantaine d’éléments couvrant un territoire aussi vaste que celui de Tizi Ouzou.
42 PPDRI approuvés en 2009
M. Cheriet, conservateur des forêts à Tizi Ouzou, nous fera savoir que la direction a procédé récemment à la clôture de tous les projets pilotes afin d’envisager les PPDRI sur l’horizon 2009/2014. Pour le moment, 42 programmes ont été approuvés sur les 60 prévus, qui toucheront 43 localités. “Le reste des projets est en cours de finalisation. Les 17 autres PPDRI seront prochainement soumis à l’approbation”, nous dit M. Cheriet. Scindé en quatre thèmes, le programme inclura la réhabilitation et la modernisation des villages et ksour au nombre de dix. Les localités retenues par ce thème sont Azazga, Tigzirt, Draâ Ben Khedda et Azeffoun. L’autre thème est la divesification des activités économiques en milieu rural qui a bénéficié de 26 projets au profit des localités des Ouadhias (Aït Abdelkrim, Aït Bouaddou, Agouni Gueghrane), alors que le village Aït Abdelmoumène qui a bénéficié dans un temps passé d’un projet pilote a été rayé de la liste. La protection du patrimoine rural, matériel et immatériel englobera 18 PPDRI en plus des six qui seront consacrés à la protection du rural matériel et immatériel qui bénéficieront aux localités de Béni Yenni, Azazga, Tigzirt, Makouda et Maâtkas. S’inscrivant dans une logique de continuité avec les anciens projets déjà lancés, les cadres de la direction des forêts nous ont expliqué, avec une grande disponibilité, les contours des deux programmes de traitement des bassins versants de Sidi Khelifa et Draâ El Kiffan. Ce dernier est doté d’une enveloppe de 64 millions de dinars et englobera neuf PPDRI au profit de 19 localités que sont Aïn Larbaâ (Makouda), Imzourène (Aït Yahia Moussa), AÏn Fassi (Draâ Ben Khedda), Icherbienne (Tadmaït), Oued Ouereth (Sidi Naâmane). Ce programme se veut un accompagnement et une consolidation du barrage dont la réalisation était prévue dans la localité. Il y aura entre autres plantations fruitères, budgétisation pratique agricole, aménagement de piste, plantation et l’aménagement de sources. Cela aiderait, selon M. Cheriet, à fixer la terre par une meilleure exploitation des ressources hydriques. Le premier responsable du secteur des forêts à Tizi Ouzou nous indiquera, dans ce sens, que le lancement d’autres projets est prévu pour 2010. Les travaux seront échelonnés sur 5 ans.
Les autres secteurs n’ont pas suivi
L’autre bassin versant à bénéficier d’un programme spéciale est celui de Sidi Khelifa qui mobilisera une enveloppe de 70 millions de dinars avec la même finalité, soit la consolidation du barrage qui sera réalisé dans cette région. Il s’agit des localités Ighil Iaghzel, Ghrou, Tiza, Ighil Oumalou, Tagmount Boudrar et Tifezouine. Côté investissement individuel, il est prévu la création de petites unités d’élevage apicole, de poules pondeuses…
Cependant, s’il y a bien une contrainte qui a lourdement pesé dans le blocage des projets pilotes en nombre de 34, lancés durant le précédent quinquennat, c’est bien l’absence d’une implication effective des autres secteurs qui n’ont guère collaboré, raison pour laquelle le programme doit être homogénéisé afin d’endiguer la bureaucratisation du processus de mise en œuvre des différents projets dans le cadre du PPDRI. Il y a aussi le grand travail de communication et de sensibilisation qui doit être fait en amont afin de vulgariser les mécanismes du PPDRI.
Cap sur la formation
M. Cheriet nous fera savoir que la direction lancera une série de formations destinées à pérenniser certains produits agricoles. La formation sera assurée par l’ITAF et touchera le cerisier (Iboudrarène, Ath Yani, Larbaâ Nath Irathen), l’olivier (Tizi Rached, Maâtkas), le figuier à Illoula Oumalou. “J’insiste sur la véritable identification des besoins au niveau local. Parfois nous nous retrouvons avec des situations aberrantes, telle qu’une commune rurale qui demande 20 taxis dans le cadre du PPDR”, ajoute notre interlocuteur. En plus du PPDRI, la direction des forêts s’attelle à peaufiner le programme d’emploi rural (PER). Ce dernier est destiné aux localités les plus pauvres de la wilaya dans l’optique de créer de l’emploi durable. Les localités concernées sont Zekri, Yakouren, Idjer, Bouzeguène, Béni Zeki, Akerou, Aït Chafai. Au versant sud-est, M’kira, Aït Yahia Moussa, Aïn Zaouia, Frikat, Tizi Gheniff et Bounouh, bénéficieront également du PER auquel une enveloppe de 65 millions de dinars est consacrée. Quant au programme de gestion durable, patrimoine forestier, 20 localités pourront bientôt en bénéficier. “Les communes de Tizi Gheniff et Aïn Zaouia sont jugées prioritaire par rapport à la réalité du terrain”, ajoute M. Cheriet.
Les milliards doivent servir à quelque chose
Cette mesure mobilisée dans le cadre du programme de proximité pour un développement rural intégré doit apporter un plus pour une région qui en a le plus besoin. C’est un programme qui revêt un grand intérêt, c’est même l’expression d’une décentralisation et du localement constant. La réussite est bien évidemment conditionnée par des a priori, compétence, entre autres car maîtriser le processus d’un développement intégré n’est guère une simple sinécure, mais là, c’est un tout autre débat.
Omar Zeghni
