Les activités ont été inaugurées par la projection du court métrage La Tour d’argent du réalisateur Aït Braham Hafid primé du prix du jury au festival du film amazigh de Sidi Bel Abbès qui a eu lieu en janvier de l’année en cours.
Ce film réalisé avec des moyens dérisoires a capté l’attention de toute la salle. Il raconte l’histoire d’un chômeur, chef d’une famille pauvre vivant dans un bidonville qui a gagné au loto de l’argent qu’on lui vole et qu’il récupère en fin de compte. L’argent, entre-temps, a fait le tour entre plusieurs personnes appartenant à des classes sociales différentes qu’il subjugue au point d’en causer la perte.
« A travers ce film, je me questionne sur l’influence qu’exerce l’argent sur l’homme, ses bienfaits et ses malheurs », nous dira le réalisateur.
La deuxième activité présentée est le superbe monde poétique Abrid abrid interprété par une pléiade de poètes du groupe Agraw n imedyazen (le rassemblement des poètes) de l’association Etoile culturelle d’Akbou.
Ce chef-d’œuvre s’articule autour de la reprise des titres de la chanson engagée et de dictons kabyles déclamés avec hargne et beaucoup de conviction. L’égalité sur scène de Mohand Akli n’tmazirt, incarnant Mouhya dans sa tenue vestimentaires et son style du « théâtre de l’absurde », la lourdeur expressive du verbe de Ahmed Lahlou, concepteur du travail, et la voix grave et déterminée de Chérif Aït Mekourta qui incarne le prisonnier de Barouaghia ont été récompensées par de longues ovations du public qui s’est levé comme un seul homme en fin de la représentation. Un travail qui se veut « un hommage aux pionniers de la lutte pour la reconnaissance officielle de notre identité et une indignation aux renégats » estime Kahina Boutaleb, poétesse du groupe.
Les comédiens de la troupe Malek Bouguermouh qui ont clos la première journée du festival, ont interprété leur pièce intitulée « akka i tela » (ainsi était l’histoire) écrite et réalisée par Aït Idir Habib, ex-membre de l’Amusu adalsan inalmaden (AAI) de l’université de Béjaïa. Il raconte l’histoire d’un homme bon que des gens malveillants ont poussé à prendre le pouvoir pour tirer au mieux profit de lui.
Ainsi « l’objectif d’animer la ville, d’offrir aux nombreuses troupes théâtrales des espaces pour s’exprimer et se produire et au public des espaces de loisirs » que s’est assigné l’association Etoile culturelle d’Akbou à travers l’organisation du cinquième festival du théâtre amateur amazigh se matérialise et la ville d’Akbou est en symbiose avec l’art, seule valeur à même d’inculquer à l’Homme la possibilité de vivre dans la diversité et la tolérance.
B. Sadi
