Cette tranche de la population de Lakhdaria atteinte de cécité ne désarme pas devant le poids des problèmes quotidiens ; au contraire, elle les affronte courageusement pour preuve elle tient chaque année régulièrement un commerce pour améliorer un tant soit peu ses conditions de vie. L’association des aveugles a élu domicile dans la rue principale de Lakhdaria, où elle exploite chaque année régulièrement depuis 2005, l’événement de la rentrée scolaire pour gagner quelques sous de la vente des fournitures scolaires.
L’idée de prendre en charge soi-même son destin en recourant au système de débrouillardise qui n’est pas né tout seul, sans lui avoir auparavant accordé des moments de réflexion, surtout après l’enregistrement dans les rangs de la structure de nouveaux handicapés, un effectif, note le premier responsable “qui a atteint pour Lakhdaria 150 adhérants aveugles, dont seulement quelques uns perçoivent l’aide financière de l’Etat”.
Une modique somme qui ne remédie pas au faible pourvoir d’achat des membres vivants comme pour la plupart dans la précarité, tient à signaler l’aveugle : “Cet argent des fournitures scolaires servira à payer les frais d’électricité, d’eau et autres, venant de l’occupation du siège”. Evidemment, ils se sentent oubliés, livrés à eux-mêmes, du fait d’une part de la malchance qu’ils soient venus au monde handicapés de naissance, et du peu de soutien, du manque de considération de l’administration à leur encontre, ce qui pousse le concerné à dire avec amertume : “On est pratiquement les seuls à ne pas bénéficier du budget de l’Etat pour la prise en charge de ce cas social”.
Alors, le premier combat à leur avis serait de se faire entendre auprès de ceux qui en principe devraient, s’occuper de leurs doléances et ce afin de faire parvenir leur message, l’Association affirme son président : “Compte le faire par voie de presse, et souhaite que la Dépêche de Kabylie soit présente une semaine après l’Aïd”.
A. Chérif
