Dans le cadre de la protection du nouveau barrage de Koudiat Acerdoune, les collectivités locales et les services techniques de trois daïras (Lakhdaria, Bir Ghbalou et Lakhdaria) ont formulé, conjointement avec les populations habitant dans le périmètre du bassin versant, huit projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI) étendu sur le territoire de six communes.
Il s’agit, selon la vision moderne de l’aménagement du territoire et du développement rural, d’intégrer les populations dans les différents programmes destinés à protéger les ouvrages hydrauliques et les terres agricoles.
Ces projets articulés sur des investissements publics collectifs et des actions individuelles soutenues par l’Etat ont été formulés selon la procédure en vigueur mise en place par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural depuis la fin de l’année 2008 axée sur les contrats de performance.
Il y a lieu d’observer que le jumelage de l’objectif de la protection du barrage hydraulique avec celui du développement local est à la fois un challenge, au vu des défis auxquels devra faire face cette stratégie et une vision novatrice indispensable qui fait des communautés locales des acteurs privilégiés de leur propre développement.
Le programme des huit PPDRI de l’année 2009 — appelé à être prolongé dans un processus pluriannuel — est destiné à le protéger de l’envasement des versants du barrage.
Le bassin versant qui compte une superficie d’environ 3 000 km2 (entre les deux wilayas de Bouira et Médéa) fera l’objet d’actions agro-forestières destiné à stabiliser ses terres en amont. A ces actions vont se greffer des projets individuels au profit des populations locales. Les six communes touchées par le programme 2009 sont : Z’barbar, Maâlla, Guerrouma, Bir Ghbalou, Raouraoua et Dechmia.
Les équipes de projet installées par les trois daïras concernées ont sillonné les localités ciblées par ce programme dans le but de ce consolider par des regroupements avec les populations et par des enquêtes-ménages.
Les communes et les daïras ont validé au cours du mois d’août dernier le programme contenu dans les huit projets.
Dans ce genre de projet, le financement des actions est assuré par plusieurs sources faisant intervenir les plans communaux de développement (PCD), les plans sectoriels de développement (PSD) propres à chaque direction technique de la wilaya, le fonds de l’agriculture (FNDIA), le fonds de l’artisanat (FNPAT), les fonds de l’ANSEJ et le fonds de développement rural et de la mise en valeur des terres par la concession (FDRMVTC).
Les investissements pris en charge par ce dernier fonds, environ 100 millions de dinars, sont en cours de validation au niveau de la direction générale des forêts à Alger. Une fois approuvés par le CTW (comité technique de wilaya) et leurs lettres de financements signées, les huit projets de proximité, qu’il s’agisse de travaux à réaliser sur le terrain ou de fournitures à livrer pour les populations, passeront à la phase d’exécution.
Les travaux à exécuter sont ceux en relation directe avec le développement dans le domaine agro-forestier et avec la gestion rationnelle des ressources naturelles : arboriculture fruitière, reboisements, fixation des berges des oueds, corrections torrentielles, forages, puits, aménagement de sources, construction de bassins d’eau et d’abreuvoirs, habitat rural, modernisation de chemins de wilaya,… etc.
Quant aux fournitures, elles consistent en dotation des foyers ruraux en modules de cheptels pour l’élevage fermier : ovins, caprins, lapins et ruches d’abeilles. Rappelons que le barrage hydraulique de Koudiat Acerdoune, d’une capacité de 640 millions de m3 (actuellement rempli à environ 20% de ses capacités), possède, sur le territoire de la wilaya de Bouira, un bassin versant de 460 km2 regroupant les daïras de Kadiria, Lakhdaria, Souk El Khemis, Aïn Bessem, Bir Ghebalou et Sour El Ghozlane.
L’agence nationale des barrages et transferts (ANBT) a confié au bureau d’études canadien Tecsult-Canada l’étude de protection du bassin versant de cet important ouvrage hydraulique.
Le bureau canadien a établi en 2008 le schéma directeur d’aménagement du bassin basé sur les méthodes de lutte anti-érosives.
De par sa position géographique, dans le cœur du moyen Isser, cet ouvrage fournira de l’eau pour cinq wilayas : Bouira, Médéa, Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou pour des besoins en eau potable et d’irrigation. Vers le sud de la wilaya de Tizi Ouzou, les travaux de transferts (adductions, stations de refoulement…) sont bien avancés.
Amar Naït Messaoud
