C’est désormais devenu une tradition chez nous, aucune infrastructure nouvellement réalisée ne résiste plus d’une année, avant qu’elle ne commence à dévoiler les malfaçons de réalisation qui apparaissent au grand jour, et qui laissent perplexe le moins averti des citoyens qui voient des matelas de billets amputés au trésor public partir en fumée dans de nouvelles mais vétustes infrastructures victimes d’un travail bâclé dans les réalisations effectuées. C’est pourtant, sous le contrôle et le suivi de l’Etat par le biais de ses services techniques qui consomment à leur tour des enveloppes colossales en équipements en plus de leurs rémunérations puisées du même trésor public sans qu’on n’en remarque une quelconque amélioration dans la réalisation des structures étatiques, ce qui ne peut être qualifié que de défaillances du suivi technique. Nous citerons à titre d’exemple et par ordre d’ancienneté et d’importance, quelques ouvrages dont l’état actuel se passe de tout commentaire.
Commençons par le réseau d’AEP, un projet sectoriel réalisé au milieu des années 90, ce réseau destiné à alimenter toute la daïra de M’chedallah à partir de la Source noire (El Aïnsar Averkan) est à l’heure actuelle, à l’état de passoire et ne peut fonctionner plus d’un mois sans que des avaries ne se manifestent, provoquant une rupture d’alimentation en AEP privant tout la population de la daïra.
Ces avaries apparaissent à chaque perturbation atmosphérique fréquente dans la région. De plus, jusqu’à aujourd’hui, certaines localités inclues dans le plan de distribution de ce réseau, ne sont pas encore raccordées, tels que Selloum, Bahalili dans la commune d’Aghbalou ; ensuite c’est le réseau d’électricité livré il y a moins d’une année, qui fait parler de lui avec des coupures qui interviennent au moindre coup de vent : en plus de priver la population durant des heures de l’énergie électrique, ces brusques coupures engendrent des dégâts au niveau des équipements domestiques tel les téléviseurs, les réfrigérateurs autres micros ordinateurs et machines à laver et cela sans inclure les délestages qui ont les mêmes retombées négatives ainsi que les pannes, au point de provoquer des émeutes.
Vinrent ensuite quelques infrastructures de base à l’image de la RN 30 en cours de modernisation. Malgré que ce projet ait fait couler beaucoup d’encre depuis son lancement en 2007, le bâclage dans sa réalisation est appliquée en règle, un état de fait vérifiable au niveau de la première tranche de 07 km réceptionnée et livrée l’année passée, entre le chef-lieu de Saharidj et celui de M’chedallah. Il a suffi d’un seul hiver pour voir l’esthétique de cette première tranche prendre… la clé des champs avec des affaissements, des fissures et la dégradation rapide de certains ouvrages d’art. L’entreprise réalisatrice s’étant libérée après réception définitive, ce sont les équipes des travaux publics qui prennent le relais pour mener à terme un maquillage qui ne dit pas son nom. Cette entreprise est-elle liée au maître de l’ouvrage par une période de garantie ? Si oui, elle lui incombe de reprendre à ses frais exclusifs, ces anomalies qui ne cessent d’apparaître le long de ces 07 km de la première tranche, sans quoi rien ne peut prétendre au versement de la retenue de garantie qui est obligatoirement une clause du marché ; une retenue qui est de l’ordre de 10% du montant global du marché, mais pour ce faire, il faut que la loi soit appliquée dans toute sa rigueure.
Le denier exemple, qu’on se contenterait d’évoquer pour clore ce triste constat, est le lycée de Saharidj réceptionné en 2008 et qui commence déjà à enregistrer les premières lacunes, il a suffi d’un mois après sa mise en service durant la rentrée de l’année passée, pour voir les marches et contremarches, qui mènent à l’étage supérieur, déclarer forfait en s’effritant comme des gaufres d’où la nécessite de leur reprise de fond en comble ; la 2ème anomalie qui s’est manifestée durant l’année en cours, est selon quelques élus de l’APC de Saharidj, les fissures apparues au niveau de la bâche à eau qui ne retient aucune goutte d’eau. Cet établissement qui assure la restauration au DP, est fréquenté par plus de 300 lycéens, l’on ne peut penser sans effroi à l’état des toilettes sans eau, ainsi que le devenir des salles de cours durant l’hiver quand les élèves arriveront avec des chaussures chargées de boue.
Soualah Oulaïd
