On ne peut pas demander à un élève d’être performant alors que son estomac est vide, n’est-ce pas ?
L’Etat et les pouvoirs publics ont vite compris que lorsque la panse est remplie, l’esprit se mettra à chanter.
Ces dernières années, les efforts de l’Etat dans ce domaine sont considérables même le petit déjeuner est offert à tous les élèves du primaire quoique le prix de ce petit déjeuner ne dépasse jamais 3 DA par enfant, ce qui est insignifiant mais c’est tout de même un début, un verre de lait pour commencer, c’est déjà bien, quant au repas de midi qui est proposé aux potaches, il coûte seulement 30 DA ; par le passé, les gestionnaires et les directeurs arrivaient même à offrir un tout petit repas chaud.
On ne peut pas offrir une belle banane ou une belle pomme avec 30 DA à chaque repas, ce n’est pas possible, tout court.
Autrefois, on ne pouvait pas offrir le luxe aux bambins mais on leur donnait quand même quelque chose à manger en attendant de rentrer à la maison, mais cette année avec la flambée qu’a connu le marché, il sera pratiquement impossible de préparer des repas à 30 DA, l’Etat doit dans l’urgence revoir à la hausse le prix du repas destiné surtout aux élèves du primaire car ce sont les plus bas prix.
A cet effet, un conseiller en alimentation scolaire dira : « Avec 30 DA, on ne pourra plus exiger un repas équilibré » comme on le faisait avant, 30 DA c’est trop peu de chose ; les responsables concernés sont tenus de faire preuve de plus d’efforts. Sinon les gestionnaires seront dans une position très délicate et se verront obliger de servir de la panade pour s’en sortir au risque de mettre en danger la santé des pensionnaires.
Un gestionnaire apostrophé à ce sujet expliquera : « A 30 DA le repas, on ne peut plus parler de repas chaud et équilibré, nous avons tous des familles et nous savons tous qu’avec 30 DA, on ne peut rien donner sinon une barbouille de légumes secs. Tous les produits ont connu des augmentations sensibles, le riz qui était 50 DA est passé à 90 DA, les lentilles qui étaient à 80 DA ont atteint 120 DA même chose pour les haricots, les pois-chiches et les légumes frais, tout a augmenté sauf le prix du repas qui demeure figé à 30 malheureux dinars ».
Il est clair que l’Etat a fait des efforts considérables, dans ce domaine, nombreux sont les acquis enregistrés ces dernières années, toutefois, il semble que l’essentiel est oublié car ce n’est ni la structure ni le mobilier qui nourrira nos enfants pour en faire des hommes sains physiquement et moralement, il faut penser aussi à améliorer qualitativement et quantitativement le repas de midi et cela ne saura se faire avec 30 DA. Un enfant mal nourri ne sera jamais un homme bien fourni. Nous ne voulons pas, j’imagine former une société faite de fétiches, de frileux et de nains !
Hocine T.
