Les légumes secs, la flambée s’élargie

Les citoyens qui attendaient impatiemment le début de la saison fraîche qui permettrait de reprendre avec les repas chauds composés de légumes secs ont vite déchantés avec les prix affichés cette année par toute la gamme de cette variété qui se met à son tour hors de portée de la majorité des bourses de la population.

Les lentilles à 120 DA le kg, l’haricot blanc 110 DA, les pois chiches 140 DA, le riz à 100 DA. La raison évoquée par plusieurs détaillants pour expliquer la brusque hausse des prix des légumes secs est la pénurie, reste à savoir si c’est une pénurie est due à un retard quelconque dans le circuit des approvisionnements et distributions ou était-t-elle « préfabriquée » par les traditionnels spécialistes en la matière (les spéculateurs).

A ce stade, le menu du gros de la population ressemblerait à celui des anciens bagnards soit du… pain sec et de l’eau. Sachant que les prix des légumes frais n’ont connu aucun recul par rapport à ceux affichés durant la période du ramadhan, et maintiennent la dragée haute au pauvre consommateur qui continue à subir les retombées d’un marché débridé et sauvage où personne ne contrôle plus rien, sinon comment expliquer que deux semaines après le Ramadhan, les prix de certains légumes, au lieu de commencer à reculer, prennent au contraire leur envol, tel que la pomme de terre cédée à 50 DA durant le Ramadhan et qui affiche à l’heure actuelle entre 65 et 70 DA, l’oignon grimpe de 20 DA par rapport au mois sacré à 45 DA, même chose pour la courgette qui fait un bond de 45 à 70 DA, la laitue à 60 DA et enfin, la tomate de 45 à 60 DA.

Cette subite flambée de tous ces légumes est-elle due aussi au fait, que tous les établissements scolaires qui assurent la restauration en DP aux élèves ont fait leurs commandes auprès de leurs fournisseurs à la fois ? Une aubaine pour ces derniers pour appliquer à ces établissements les prix qu’ils veulent et aux grossistes qui profitent de cette conjoncture provoquée par les écoles pour rafler tout ce qui est disponible au niveau des marchés par cette première vague de commandes collectives ? Où sont passés les services de régulation ?

Ne jugent-ils pas qu’il est temps de faire une tournée au niveau des chambres froides et dépôts pour libérer ces matières retenues sans doute prisonnières d’une boulimie incurable.

Comment vont faire les pères de familles pour nourrir convenablement leur progénitures devant cette brusque et inattendue flambée de produits dit de large consommation ? Des chefs de familles déjà mis à genoux par les dépenses du Ramadhan, de l’Aïd et la rentrée scolaire ?

Et cela sans prendre en compte des imprévus qui surgissent à tout moment. Et après, l’on s’étonne que parmi les Harraga figurent des vieillards de 70 ans. Même une certaine presse, qui s’est empressée de rapporter à la Une ces cas, n’est jamais allée au fond des choses pour éclairer le lecteur sur les raisons qui ont conduit ces pères de familles à aller nourrir les poissons ou à se faire tabasser dans des pays que Jugurtha, Tarik Ibn Ziad et Larbi Ben M’hidi ont fait trembler. « Relève la tête mon fils », ne cesse-t-on de nous marteler à la face depuis une décennie, oui, ces fils lèvent la tête pour suivre l’ascension vertigineuse des prix de tous les produits de première nécessité et pour implorer Dieu et en même temps pour les sortir de ce cauchemar.

Oulaid Soualah