»Mon public est ma raison d’être »

La Dépêche de Kabylie : Votre premier album est dans les bacs depuis le mois de mars dernier : pouviez-vous nous parler avec détail de ce produit ?

Ramdane Mechache : Vous n’êtes pas sans savoir les difficultés inhérentes à la production d’un album chez nous et à plus forte raison lorsqu’on est un chanteur débutant mais malgré tous les aléas mon produit, fruit d’un long et épineux travail,a pu enfin voir le jour. Je vous jure que j’ai failli tout laisser tomber mais grâce aux encouragements de mes amis et surtout de mes chers admirateurs je me suis battu contre vents et marrés et continuer mon œuvre jusqu’à le voir enfin dans les bacs. C’est un album de huit chansons dont le titre générique Timenqas (Coups bas) est écrite par le poète Ahcène Mariche, Zhar nagh (Notre destin ) est une chanson inédite de Rabah Ouferhat. Les six autres chansons sont mes propres œuvres en parole et musique ; Tskhilem (S’il te plait), Mathetsudh (Si tu as oublié), Mazal (Espoir), Svar atahrwihth (Patience mon cœur), Thameghra (La fête) et Guasmi throuhedh (Depuis que tu m’as quitté).

En écoutant votre album qui est quasiment un hymne à l’amour dans ses différentes facettes on à l’impression que vous êtes très influencé par un style qui était en vogue dans la chanson kabyle, à savoir le style oriental. Pourquoi ce choix ?

En réalité je suis un artiste qui écoute tous les styles et spécialement la chanson kabyle au rythme comme vous dites oriental. J’ai à l’instar de tous les jeunes chanteurs mes propres inspirations influencées bien sûr par ceux qui m’ont précédé dans la chanson kabyle. Je citerai Ali Ferhati pour ce qui est de la nouvelle génération et Akil Yahiatene pour l’ancienne sans oublier Matoub Lounès pour tout ce qu’il symbolise dans la chanson et surtout l’identité kabyle. En ce qui concerne le thème, c’est vrai que j’ai chanté l’amour dans sa vaste interprétation (sentiments, relations, bonheurs et chagrins) et cela fait partie de la vie de tout être humain et j’ai la chance à l’instar de mes prédécesseurs de l’interpréter à travers mes chansons.

Avant de vous faire connaître par ce premier album vous étiez surtout connu pour être un chanteur de fêtes. Cela vous a certainement aidé à faire votre bonhomme de chemin dans la chanson…

Mon public est ma raison d’être. Déjà sans les encouragements de mes amis, mes proches, je ne serai pas capable de sortir cet album. J’ai effectivement une chance inouïe de me produire dans des fêtes à travers les quatre coins de la Kabylie et j’estime que cela m’a aidé énormément dans mon travail car se produire devant un public est le meilleur baromètre pour n’importe quel chanteur. Je me dis toujours que le chemin qui me reste à parcourir est plus long que celui que j’ai déjà fait. La Kabylie est connue par son public, connaisseur, et surtout exigeant, alors je n’ai pas le droit de décevoir mon public et tous les mélomanes qui auront à écouter mes chansons. Dieu merci, je n’ai reçu que des encouragements de la part de tous ceux qui m’ont vu à l’œuvre comme ce fut le cas lors de mon premier passage à la Maison de la Culture Mouloud Mammeri à l’occasion des soirées du mois de Ramadhan. J’ai chanté lors de la soirée du 27e jour aux côtés de Abdelkader Chercham, Nordine Gualiz et El Hadi El Anka, des grands maîtres du chaabi dans une soirée très conviviale.

Dieu merci avec l’aide précieuse de Madjid Halit (arrangements), Amar Kessab (percussion), Boumediene (Clavier) et Tchong (batterie) j’ai réussi mon baptême de feu dans cette salle mythique, mais détrompez-vous cela ne me grise pas pour autant car je sais que j’ai encore du chemin devant moi car un vrai chanteur est celui qui se remet toujours en cause afin de satisfaire son public.

En parlant de votre public, il se pose certainement la question de savoir si vous êtes sur un projet d’un deuxième album …

Oui bien sûr. Je suis effectivement sur le point de finaliser mon deuxième album mais j’ignore pour le moment la date de sa sortie car je veux prendre le temps nécessaire pour le peaufiner à tous les niveaux. En attendant que mon œuvre voie le jour je veux surtout remercier tous mes amis et particulièrement mes proches collaborateurs sans oublier mes fidèles admirateurs venus nombreux me voir à l’œuvre lors de mon passage à la Maison de la culture et je dirai à tous ceux et celles qui me soutiennent de près ou de loin que c’est grâce à vous que je m’efforce à travailler sans relâche pour me frayer un chemin dans la chanson.

Entretien réalisé par Ali C.