Cette cité est un ancien centre de regroupement créé par l’armée coloniale. Après avoir rasé la totalité des villages du aârch Imelahen en 57, à savoir Ighil n’Ath Rayou, Tikarsain, Ighil n’Ath Ameur, Thameziavth, Ighzar Oumeziav et enfin le plus ancien village de cette tribu « Thamellahth », qui tire son nom des gisements de sel existant sur le territoire de ce aârch.
Même si depuis l’indépendance, les citoyens parqués dans le centre de concentration entourés de fil barbelé, se sont attelés à construire des habitations plus confortables, à la place des taudis qu’ils ont occupés durant la révolution, cette cité garde encore les stigmatiques des affres coloniales de prisonnière avec ses 9 000 âmes.
Le fait d’être à l’heure actuelle chef-lieu de la commune d’Ahnif, dans la daïra de M’cheddallah, rien n’a changé à son cadre de grosse bourgade insalubre.
Polluée, la plupart des ruelles ont disparu, effacées par des constructions anarchiques, le reste des allées non aménagées sont dans un état de dégradation avancée, hormis, la rue principale sur laquelle sont entamés des travaux d’aménagement et que les citoyens rencontrés sur les lieux, ne cessent de décrier et qualifient de bâclage.
Les mêmes citoyens qui nous apprennent que des cas d’inondations ayant nécessité l’intervention de la Protection civile ont été enregistrés au niveau de la partie basse de l’agglomération lors des dernières averses de pluie ; des inondations qui s’expliquent par l’état du système d’évacuation des eaux complètement détérioré et ne servent qu’à compléter un décor lugubre à l’intérieur d’une cité qui croule sous des détritus qui empestent et qui rendent l’air irrespirable, car aucun des regards ou caniveaux ne fonctionnent.
Des ouvrages ont complètement disparu par endroits, recouverts d’une couche de terre charriée par les eaux de la pluie à cause de l’exiguïté.
Nos interlocuteurs évoquent l’apparition de plusieurs cas d’asthme et de jaunisse à cause de la pollution.
Ces citoyens qui nous ont accordés un accueil des plus chaleureux, malgré des frissons de révolte qui les parcourent par moment, en raison de tant d’injustices, veulent nous voir rapporter dans les moindres détails, toutes ces contraintes qui ont une répercussion négative sur leur santé et celles de leurs enfants. En plus de ce que nous avions pu constater de visu, ils dénoncent la qualité de l’eau qu’ils reçoivent dans leurs robinets venant de deux forages au lieudit Oughazi, dans la commune de M’chedallah, des forages qui ne sont éloignés à peine que de 200 m d’une importante décharge publique située en aval, il y a aussi l’oued Sahel qui reçoit tous les rejets d’assainissement de l’ensemble des communes de la daïra de M’chedallah au point de se reconvertir en collecteur géant des eaux usées. Ces citoyens craignent fort une infiltration de la nappe souterraine qui longe cet oued et la décharge publique.
Tous les résidants de la cité de la Gare qui ont les moyens, s’approvisionnent en eau potable à partir de Chorfa, les plus aisés utilisent l’eau minérale, précisent nos interlocuteurs qui soulèvent un dernier point noir qui consiste en la défectuosité du transformateur qui date de… 1965.
L’éclairage public lui aussi est rattrapé par un manque d’entretien ; clairsemées et éparses de nombreuses parties de ce gros centre urbain sont mal éclairées. Signalons, pour conclure, qu’entre ce que nous avions constaté de visu pour conforter les déclarations des résidants de cette cité et la version des services techniques de l’APC d’Ahnif, il n’y a aucune différence, mis à part le cas de l’AEP que ce service rassure et affirme que les deux captages d’où est alimentée la cité la Gare font l’objet d’un contrôle permanent par des prélèvements périodiques.
Pour notre part, nous tenons à souligner que la proximité de la décharge publique dont le volume assez important est un cas sur lequel doivent se pencher les autorités locales afin d’anticiper les risques d’inondations qui planent sur cette cité de plus de 9 000 habitants.
Ouladi Soualah
