Les citoyens n’ont pas arrêté d’assiéger les mairies et de fermer les routes pour un problème d’eau, alors que nous sommes, faut-il le rappeler, en automne et non en été, période durant laquelle la consommation d’eau augmente.
A Tadergount, dans la commune de Darguina, malgré la fermeture de la route nationale et les émeutes qui s’ensuivirent, le problème de ce précieux liquide n’a pas encore été solutionné. Le directeur de l’hydraulique a déclaré, dans l’une de nos précédentes éditions, que ses services ont pris en charge, l’adduction des huit villages concernés malgré que selon lui, ça relève plutôt des prérogatives de l’Assemblée communale qui doit les inscrire dans les plans communaux de développement.
A Aokas, la source de Kefrida alimentant les quartiers d’Alliouène et autres pourrait être polluée par la décharge sauvage que viennent de créer les services communaux de la localité voisine de Tizi n’Berber.
D’ailleurs pour cela, l’édile communal d’Aokas a réagi en portant l’affaire devant la justice.
Plus haut, dans les montagnes de la commune de Tizi n’Berber, la source de Tinzerth alimentant les villages d’Imdan, Agni Messaoud et Tiboualamine, n’est pas prise en charge. Son captage et son aménagement doivent être refaits tout en assurant sa sécurité, en plus des sources naturelles situées entre Tifernine et Bouamara, lesquelles peuvent régler définitivement le problème d’eau dans toute la région.
A une trentaine de kilomètres de là, soit dans la périphérie du chef-lieu de wilaya, la commune de Tala Hamza a vécu sans aucune goutte d’eau pendant trois longues journées. Là encore, c’est une petite panne de courant mettant automatiquement à l’arrêt, la station de pompage qui serait à l’origine de ces journées de sécheresse.
Du côté de Sidi Aïch, les localités de Tamezghra et Meena ont eu des coupures d’eau pendant tout le week-end. Durant la même semaine, les habitants des communes d’Amizour, Adekar, Taourirt Ighil et Tifra sont restés sans eau pour une question de réparation de conduites du réseau. Plus loin, les pompes de refoulement alimentant quelques villages de la commune de Barbacha, tel que le village d’Aguemoun dans lequel sont implantés une polyclinique-maternité, un lycée avec internat, la garde-communale en plus du… siège de l’APC, tombent constamment en panne créant de sempiternelles coupures d’eau et parfois, ces désagréments sont purement et simplement dus à la mauvaise gestion des châteaux d’eau. Jusqu’à quand les Béjaouis seront-ils confrontés à cet éternel manque d’eau survenant durant toutes les saisons de l’année ? Pourtant, un espoir naquit chez la population le jour, où on avait lancé le fameux projet de Tichy Haf.
Il devait alimenter au départ 22 communes puis a été étendu à cinq autres, et d’ailleurs les adductions devaient se faire progressivement alors que jusqu’à ce jour, nous ne faisons que constater un énorme retard dans ces adductions en plus des retards enregistrés dès le départ et à imputer aux contraintes liées aux expropriations ainsi qu’à l’emprise du tracé.
Ce projet, une fois mis en service, permettra l’irrigation d’une dizaine de milliers d’hectares de terres agricoles de la wilaya de Béjaïa et alimentera les foyers de près d’un million d’habitants du chef-lieu et des communes de la vallée de la Soummam.
A. Gana
