Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Belaïz, en visite dans la wilaya de Djelfa a indiqué que « les écarts qui seront soulignés dans les prisons seront durement sanctionnés si les mis en cause venaient à être inculpés. » L’intéressé avait souligné le mois dernier qu’il suivra personnellement les affaires liées aux dérapages des agents pénitentiaires et que la dignité des détenus doit être sauvegardée, « les prisonniers ont droit au respect et à la dignité et aucun écart ne sera toléré » tout en soulevant des cas dans certaines prisons.
Le ministère de la Justice est entré dans une phase de mise aux normes internationales des prisons algériennes avec des stages de formation à l’étranger, des échanges d’expériences avec des pays chevronnés en la matière comme la Grande-Bretagne.
L’année dernière et dans le cadre de la coopération algéro-britannique, des experts anglais ont rendu visite aux prisons algériennes afin de constater les manques dont souffrent les centres pénitentiaires en Algérie et aussi former le personnel en Algérie ou en Angleterre. Sur un autre volet, plusieurs centres pénitentiaires verront le jour début 2010 selon Tayeb Belaïz qui était en visite de travail et d’inspection dans un établissement pénitentiaire en cours de réalisation à Aïn Oussara dans la wilaya de Djelfa. Selon lui, plusieurs autres établissements qui sont en cours de construction verront le jour fin 2009 à début 2010.
Ces projets entrent dans le cadre de 13 établissements pénitentiaires d’une capacité d’accueil totale de 19 000 places afin de régler le problème de la surpopulation carcérale à l’échelle nationale et d’améliorer les conditions carcérales ainsi que la modernisation et la mise aux normes internationales des prisons algériennes.
Le ministre ne badine pas avec la ponctualité et la discipline et l’a fait clairement savoir lors de son inspection de l’avancement des travaux de réalisation de l’établissement de rééducation de Aïn Oussera. A cet effet, le ministre souligne que « les nouveaux établissements sont conçus selon les exigences de la nouvelle loi promulguée en 2005 sur l’aménagement des prisons et la réinsertion sociale des détenus, dont la nouvelle conception vise à rendre les établissements pénitentiaires plus salubres. » L’établissement de Aïn Oussara s’étend sur 20 hectares pour une capacité d’accueil de 2 000 places. Dans ce registre, Tayeb Belaïz souligne que « les nouveaux établissements sont conformes aux standards internationaux qui fixent la superficie devant être réservée à chaque détenu à 9m2 ».
Ces établissements comprennent également un pavillon médical indépendant des autres pavillons, équipé de tous le matériel et équipements médicaux nécessaires et doté d’un corps médical composé de médecins généralistes, de dentistes et de psychologues. Cette modernisation des prisons, la formation des agents pénitentiaires et la mise aux normes internationales arrivent dans un contexte particulier où la commission des droits de l’Homme de Farouk Ksentini a soulevé il y a quelques temps, des cas de torture des détenus au sein des prisons algériennes, l’insalubrité et le manque d’hygiène où les prisonniers évoluent dans certaines prisons dans des conditions insalubres et des cas ont été soulevés par plusieurs parties même Amnesty internationale.
Hacène Merbouti
