Un méga charnier nommé la Seine

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La date du 17-Octobre-1961 a été marquée au fer rouge durant la Révolution algérienne, un génocide perpétré par les autorités françaises en cette date fatidique restera gravé dans les annales, une répression sanglante ayant frappé de plein fouet une manifestation organisée par le FLN sur le sol français même et plus précisément à Paris pour réclamer l’indépendance de l’Algérie, causant selon des chiffres officiels établis par la France entre 40 et 60 morts mais la réalité est tout autre. En effet, la confrontation fera plus de 200 morts dans les rangs des manifestants, des corps ont été retrouvés dans la Seine, jetés par les policiers… Un génocide qui laissera des traces dans l’Histoire et les relations entre les deux pays. A cette époque, les forces de l’ordre étaient dirigées par le préfet de police de la capitale française Maurice Papon, dont la réputation d’homme barbare et peu commode le rattrapera des années plus tard où il fut condamné en 1998 pour crimes contre l’humanité. Sa décoration de la Légion d’honneur par les mains du général de Gaulle et avec laquelle il a été inhumé en 2007 a refait débat après sa mort. Les manifestants internés dans des centres pénitentiaires ont subi les affres des services de sécurité. Le déclenchement des événements remonte au 5 octobre 1961, date à laquelle la Préfecture de police de Paris imposa un couvre feu spécial, visant les Algériens en leur interdisant de circuler au-delà de 20h00 jusqu’à 6h00. A l’époque, Paris vivait une bataille sanglante, mettant aux prises les forces de sécurité de Paris au FLN dont les têtes des protagonistes étaient mises à mort par Maurice Papon. La réponse du FLN ne se fait pas attendre et parvient par le biais Zouaoui qui fera circuler un communiqué dans lequel il appellera tous les Algériens résidant à Paris et ailleurs à prendre part massivement à la manifestation qui se déroulera dans les grands axes de la capitale dans la soirée.

Plus de 25 000 personnes répondront à l’appel du FLN. Des commissariats sont pris pour cibles par les manifestants qui réclament d’une part la levée du couvre-feu et d’autre part l’indépendance de l’Algérie. Les forces de police sous les ordres de Maurice Papon ne tarderont pas à répliquer avec une violence inouïe aux jets de pierres des manifestants, certains affirmeront que ce sont les partisans du FLN qui ont tiré les premiers, mais d’autres témoins avoueront que la police a fait usage de son arme spontanément. Des slogans ont été scandés « Algérie Algérienne », « Libérez les détenus », « Algérie libre » et des drapeaux déployés. La place Saint-Michel connaîtra une violence extrême et une répression sanglante de part et d’autre, ce qui a conduit certains manifestants à se jeter du pont. Quelque 12 000 manifestants seront arrêtés durant la soirée, plus de 200 morts et plus d’un millier de blessé ainsi que 200 disparus. Au jour d’aujourd’hui, certains corps jetés dans la Seine n’ont pas été retrouvés. Ce jour restera fatidique dans la mémoire des Algériens vivant en France et aujourd’hui même la France n’a pas reconnu ce crime à l’encontre de civils que d’aucuns qualifient de génocide et crime contre l’humanité. Les forces policières ont agi sur ordre du plus gradé et ce n’est que trente ans plus tard que la vérité sera annoncée et que toute la lumière sera faite sur le massacre du 17 Octobre 1961, des procès sont ouverts incriminant les protagonistes de la répression à leur tête Maurice Papon. Les familles des victimes cherchent toujours à établir la vérité sur ces événements dont l’Algérie célébrera aujourd’hui le 48e anniversaire.

Hacène Merbouti

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