Un immeuble public à l’abandon

Un immeuble situé au beau milieu du quartier Sidi Ali apparentant à une institution publique est dans un état de délabrement avancé après que des mains ravageuses aient subtilisé tout ce qu’il compte comme robinets, installation électrique, portes, fenêtres, lavabo et tout dernièrement une baignoire. Le hic est qu’aucune institution ne se soucie du sort qui lui est réservé et même ses riverains ne savent pas à qui il appartient car ne portant aucune plaque d’identification permettant de connaître son propriétaire.

Cet immeuble constitué de bureaux au rez-de-chaussée, d’un sous-sol et d’un logement de fonction au premier étage a été réceptionné au début des années 2000 pour accueillir les services de la Poste, ensuite des rumeurs ont eu cours qu’il allait être un siège de la sûreté urbaine. Depuis, l’immeuble est livré à la rue. Au su et au vu de tous, autorité civile et services de sécurité, il est devenu une niche, un abri pour des délinquants qui y ont élu domicile générant plus que jamais l’inquiétude chez les habitants. La situation est paradoxale, Sidi Ali est un quartier qui compte aujourd’hui plus de douze mille habitants, plus que n’en compte la commune d’Ighram, Tamokra et certainement bien d’autres, aucune structure d’accompagnement telle que la Poste, une salle de soins, un commissariat de police, une maison de jeune ou un centre culturel n’y sont. D’un autre côté, des services publics, tels que l’agence nationale de l’emploi (ANCM), l’inspection des impôts d’Aouzallaguen ou l’inspection de travail pour ne citer que ceux-ci sont installés dans des locaux datant de la nuit coloniale qui menacent ruine à tout moment. Ceci dit, que les responsables sachent que chaque fois que de telles négligences ont lieu, la citoyenneté recule, la délinquance avec son lot de fléaux sociaux grandit. Personne n’est gagnant et les dégâts finirons, tôt au tard, par rattraper tout le monde. Les habitants de Sidi Ali souhaitent que le propriétaire de cet immeuble se manifeste et s’en occupe.

A. Amnay