Une grève illimitée au mois de novembre

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L’Intersyndicale autonome de la Fonction publique (IAFP) a finalement opté pour une grève illimitée à partir de la deuxième semaine du mois de novembre prochain. Les syndicats de l’éducation affiliés à l’intersyndicale se sont dit résolus à ne pas faire marche arrière devant « la politique de la fuite en avant de la tutelle », qui selon les syndicalistes, ne font qu’aggraver la situation. « Cette dernière conduira sûrement l’école algérienne au pourrissement », dira un syndicaliste. Cette décision a été prise vendredi dernier, lors du Conseil national qui a rassemblé les syndicats de l’éducation affilié à l’intersyndicale, à savoir le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), le Conseil national autonome des professeurs et de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), le Conseil national des enseignants contractuels (Cnec), le Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (Snapap), le Syndicat autonome des travailleurs de l’enseignement fondamental (Satef) et le Conseil national de l’enseignement supérieur (section Cnes). A l’issue de son conseil national tenue hier, l’Intersyndicale est arrivée à la conclusion que la tutelle n’a pas retenu la leçon de la grève du 5 octobre dernier, qualifiée de « réussie », selon ces initiateurs. Bien évidemment, nul ne peut nier que les prémices des mouvements de protestation étaient visibles dès la rentrée scolaire où le Cla et l’Unpef avaient boycotté le premier jour de la rentrée scolaire. Rappelant toutefois que le Cnapest avait auparavant appelé les syndicats à se mobiliser autours d’un débrayage national d’une semaine renouvelable, à partir de la deuxième semaine du mois de novembre prochain. Ces décisions attestent de la détermination des syndicats de l’éducation à ne pas lâcher prise jusqu’à avoir gain de cause. Contacté par nos soins, le porte-parole du CLA, Idir Achour, a signalé que « cette grève illimitée sera renouvelée chaque semaine au cas où la tutelle continue à faire la sourde oreille quant à nos doléances, purement socio-professionnelles ». Une conférence de presse est programmée au cours de cette semaine par l’intersyndicale pour donner plus de précision sur cet énième mouvement de protestation et aussi préciser sa position quant au régime indemnitaire tel que publié par le journal national arabophone Ec-Chourouk. Il sera aussi question d’étudier le pouvoir d’achat de l’enseignant et l’actualité qui règne dans les écoles publiques. Selon ce journal, le ministère de l’Éducation nationale a décidé d’augmenter les salaires des employés de l’éducation. Il s’agirait, selon cette source, de 32 801 DA par mois pour les enseignants du cycle primaire, 34 227 pour ceux du moyen et 38 000 pour les enseignants du secondaire. « Si cette information est juste, les autorités n’ont qu’à s’attendre à son plus grand rejet de notre part », a conclu le syndicaliste.

Les différents syndicats du secteur ont formellement contesté cette décision, alors que la tutelle a affirmé que le régime indemnitaire n’est pas encore prêt. Une fois de plus, le fonctionnement de l’école sera donc perturbé et agité, au détriment des écoliers, qui continuent à payer les frais du bras-de-fer qui oppose la tutelle aux syndicats de l’éducation. Cette situation connaîtra-t-elle son dénouement ? Cela dépendra de la réponse que donnera la tutelle à ce mouvement de protestation, affirment les syndicalistes.

Lemya Ouchenir

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