Bien que tous les citoyens disposent de l’eau courante, depuis longtemps, les montagnards ne s’en contentent pas. Ils n’abandonneraient pour rien au monde la bonne vielle fontaine qui a abreuvé tant de générations. A table, c’est de l’eau de source de très bonne qualité qu’on ne trouve “nulle part ailleurs”, disent-ils, qu’ils consomment. Dans certains ménages, on n’utilise l’eau du robinet que pour le lavage. Pour la cuisine, rien ne vaut ce précieux liquide de la source du village. Chaque point d’eau a ses caractéristiques. Les connaisseurs se déplacent parfois sur des kilomètres pour satisfaire leurs papilles gustatives. Aïn Billy, sur la route du col de Tirourda, Thimedouine (Taourirt Menguellet), Ouardja (Abi Youcef) ou la transat (en ville) attirent quotidiennement de nombreux citoyens qui viennent remplir leurs jerricans. Conscientes de ce engouement, les autorités n’omettent pas d’inscrire, régulièrement les aménagements de fontaines dans le cadre des PCD (plans communaux de développement). Pour l’année 2009, les Ath Bouyoucef ont axé le travail sur les principaux points d’eau, tels ceux de Takhlidjth, Thabouhsent ou Thala Nessah, une fontaine commune à trois villages. Quant à celle de Ouardja, inscrite dans le cadre des PCD 2008, elle se trouve dotée d’un réservoir qui aura l’avantage d’emmagasiner de grandes quantités d’eau et permettre aux services d’hygiène d’intervenir pour effectuer le traitement et ainsi prévenir les MTH. Les travaux exécutés consistent généralement en l’amélioration des captages, le dallage des lieux ainsi que l’installation de robinets de puisage et le faïençage des bassins. En dehors du caprice lié à la consommation d’un produit de qualité, les villageois voient en leurs sources un réservoir d’eau de secours, lorsque les robinets viennent à en manquer. A chaque panne de machine ou de rupture de canalisation, ils ressortent leurs jerricans. “Elle est toujours là, à nous attendre. Il n’y a que ça de vrai”, disent les vieux, à propos de leur fontaine.
A. O. T.
