Les postulants de plus en plus nombreux

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“Je vis dans un garage avec femme et enfants, et des rats et des insectes nous côtoient jour et nuit… faites quelques choses pour nous M. le ministre.”

Tel était le cri de rage lancé par un citoyen de Sour El-Ghozlane devant le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme qui était en visite lundi dernier dans plusieurs localités de la wilaya de Bouira.

Un autre citoyen interpellera le ministre à Oued El-Berdi, pour lui dire qu’il dormait dans sa voiture car son logement était exigu pour contenir tous les membres de sa famille. Noureddine Moussa a écouté longuement les contestataires en leur expliquant que son ministère était chargé de la réalisation des logements et non de leur distribution. Toutefois, le ministre, qui voulait recentrer le débat, a clairement affiché sa disposition pour que la wilaya, qui a profité d’un important quota en logements durant le dernier programme quiquennal, puisse à nouveau bénéficier d’un “important quota”.

Jusque-là, la volonté du gouvernement en matière de logements ne souffre aucune ambiguïté, mais certaines communes sont nettement défavorisées par rapport à d’autres, et les statistiques le prouvent.

Ainsi, rien que pour la daïra de Sour El-Ghozlane, ce ne sont pas moins de 3 000 logements, toutes formules confondues, qui ont été attribués. Un chiffre effarant mais qui demeure bien en deça des espérances citoyennes.

Le maire de Sour El-Ghozlane d’ailleurs avait déclaré au ministre que près de 6000 demandes de logements ont été enregistrées. Surpris, le ministre demandera combien d’unités seraient nécessaires pour atténuer un tant soit peu cette forte demande. Le maire répondra que 150 logements (sic !) suffiraient dans un premier temps. Cette situation qui prévaut à Sour El Ghozlane est pourtant l’une des plus reluisantes si l’on s’en tient aux statistiques de la wilaya qui démontrent que des communes de l’Est de la wilaya, comme Aghbalou n’a jamais bénéficié de logements LSP. Un état de fait qui serait dû vraisemblablement à l’absence de foncier et qui se répercute sur les demandeurs de logements. Même au niveau de l’habitat rural, seule formule apte à résoudre la crise très du logement dans cette région, les décisions établies et les demandes en cours sont infimes proportionnellement à l’exigence citoyenne. Pourtant, afin de maintenir les populations rurales sur place et d’éviter l’exode vers les grandes villes, la moindre des choses est de prévoir où les loger.

Sans assiette foncière consistante, la commune d’Aghbalou n’est pas près de voir la réalisation de logements. Par contre, la formule LSL aurait connu un franc succès si l’on se réfère aux données établies par les autorités de wilaya depuis 2005 jusqu’aux prévisions de l’année 2010. Ainsi, il est fait état qu’en 2005 289 logements LSL avaient été livrés tandis qu’en 2009, il avait été enregistré 676 unités réceptionnés.

Par ailleurs, lors de cette visite le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme a tenu à préciser que la carte nationale des logements ignore de fait les postulants ayant déjà bénéficié de logements, et ce pour “… que les logements reviennent aux demandeurs nécessitant un logement et non pas aux trabendistes”.

La wilaya de Bouira a certes bénéficié d’un quota important depuis quelques années, mais il n’en demeure pas moins que la demande en matière de logements se fait ressentir d’une manière de plus en plus pressante et criante dans de nombreuses localités.

Hafidh B.

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