Il n’est plus rare de surprendre, au détour d’une rue, une conversation portant sur BRTV ou la chaîne de tamazight. Si les jeunes portent un regard critique sur les programmes, leurs aînés nourris depuis toujours aux programmes de l’unique, sont moins exigeants.
Les adeptes de la nouvelle chaîne de télévision en langue berbère (chaîne IV), se font de plus en plus nombreux. Les sportifs sont heureux d’y trouver souvent des rencontres de football de la JSK ou de la JSMB. Bien que les programmes ne soient pas toujours à la hauteur de ce qu’ils souhaitent, nos grands-pères et grands-mères ont tout le loisir, eux aussi, de passer les soirées devant leur poste de télé « qui parle kabyle ».
Ils se font un point d’honneur à suivre (enfin), les émissions dans la langue qu’ils comprennent. Ils ne ratent pas le début des émissions de la chaîne nationale tamazight, à laquelle ils se « collent » jusqu’à la fin des programmes. Ils connaissent les animateurs un par un. Menach, un sexagénaire, n’arrête pas de parler de sa chaîne préférée. « Quand je ne travaille pas, j’attends l’ouverture de la chaîne de thamazight avec impatience », avoue-t-il, mais regrette la durée des émissions restreinte.
Les reportages semblent très appréciés, la caméra donne une grandeur insoupçonnée. La beauté de ces villages filmés, de temps à autre, prend à l’écran une autre dimension. Bien qu’ils ne leur soient pas étrangers, les us et coutumes de chez nous sont commentés et rappellent un chapelet de souvenirs. Dans les villages, les gens attendent des améliorations. « On aurait aimé que notre chaîne assure la diffusion des programmes de qualité et à longueur de journée ». Avant sa création, nos mères et grands-mères étaient contraintes de suivre les films ou les émissions en arabe, en ne comprenant que les grandes lignes. Maintenant que la « télé en kabyle » existe, elles ne conçoivent pas qu’on lui réserve une tranche horaire aussi limitée. Les malades ou les femmes au foyer (toujours aussi nombreuses) sont en droit d’attendre mieux.
A. O. T.
