Du nouveau dans le revêtement de routes. Désormais, toutes les routes seront goudronnées avec du béton bitumineux. Révolue donc l’époque de la monocouche ou la tricouche. Un procédé, en somme, de rafistolage. C’est en tout cas ce qu’a annoncé le ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, lors d’une visite-marathon, effectuée à Béjaïa avant-hier lundi. « Au regard des conditions climatiques notamment dans les régions montagneuses, toutes les routes, y compris celles qui mènent jusqu’aux pics des montagnes de la wilaya de Béjaïa, seront goudronnées avec du béton bitumineux » a-t-il assuré dans une laconique déclaration à la presse, en soutenant que d’autres routes seront éventuellement construites à même de désenclaver les régions aux reliefs accidentés, à l’image des zones frontalières avec la wilaya de Sétif. Il a expliqué en outre que cet ambitieux programme de modernisation des routes vise à relier la wilaya de Béjaïa aux wilayas de Sétif, Jijel, Bordj Bou-Arréridj, Bouira et Tizi-Ouzou, en soulignant que des projets d’aménagement des routes faisant jonction avec les wilayas de Jijel et Sétif sont en cours de réalisation. Il s’agit, a-t-il précisé, de la route côtière n°43 et la RN 24. Tous ces projets, a-t-il souligné, visent au demeurant à couvrir tout le territoire de la wilaya de Béjaïa. Ainsi, pas moins de 326 km de chemins de wilaya traversant 33 communes et 815 km de chemins communaux desservant 40 municipalités seront pris en charge dans le cadre du programme de réhabilitation du réseau routier de la wilaya. Au passage, le ministre des Travaux publics a laissé entendre que l’entretien du réseau routier incombera désormais à des entreprises spécialisées en la matière. Des entreprises, a-t-il dit, qui seront créées prochainement et chargées de l’entretien du réseau routier à travers le territoire de la wilaya. « Le port de Béjaïa est appelé à jouer un rôle économique plus important une fois desservi par la pénétrante autoroutière qui sera reliée à l’autoroute Est-Ouest. Ainsi, une dimension encore plus importante lui sera donnée », a déclaré Amar Ghoul en marge de sa visite de travail et d’inspection. Pour ce faire, a-t-il expliqué, des travaux d’extension de cette infrastructure seront engagés à même de faire du port de Béjaïa un maillon fort de l’économie nationale. De même, a promis Amar Ghoul, une plus grande dimension sera donnée à l’aéroport Abane-Ramdane. Cette infrastructure, a-t-il fait observer, jouera un rôle important sur les plans national et international, et ce après son extension. Outre le projet de réalisation d’une pénétrante autoroutière sur un linéaire de 100 km avec cinq échangeurs à Béjaïa-ville, El-Kseur, Sidi Aïch, Akbou et Tazmalt, 60 ouvrages d’art, 48 ouvrages courants, 2 murs de protection, 51 passages busés et 1425 mètres linéaires de tunnel – dont l’avis d’appel d’offres national relatif à l’étude a été lancé le 13 septembre dernier, rappelle le wali – plusieurs routes nationales et chemins de wilaya seront réhabilités. Il en va ainsi du chemin de wilaya 35 qui dessert pas moins de sept communes, à savoir Amizour, Feraoun, Beni Maouche, Bouhamza, Amalou, M’cisna et Beni-Djillil. Pour le wali, le CW35 et de la RN75 qui fait jonction avec la wilaya de Sétif sont deux axes routiers structurants, d’où la nécessité de les réhabiliter. D’ailleurs, a-t-il soutenu, la vision du ministre des Travaux publics s’inscrit dans ce contexte. D’autres travaux dans le secteur des travaux publics à l’image de ceux portant évitement de la ville de Kherrata, la protection maritime de la RN9 et le rivage de la ville côtière d’Aokas, la stabilisation des zones rocheuses instables du cap Aokas sont soit en phase de réalisation soit que les travaux seront lancés incessamment. à signaler que le ministre des Travaux publics s’est rendu lors de sa visite à Béjaïa dans les communes d’Ighil Ali, Bouhamza, Beni Maouche et Kherrata. A Ighil Ali, il a inspecté les travaux d’aménagement de la RN 106 sur 32 km et la réalisation d’évitements des chefs-lieux des communes d’Ighil Ali et Aït R’zine. Inscrits dans le cadre du programme complémentaire de soutien à la croissance, ces projets coûteront au Trésor public pas moins de 1,450 milliard de dinar. L’achèvement des travaux sont prévus le mois de décembre prochain.
Dalil Saïche
