C’est beaucoup plus qu’un match des deux côtés, c’est plutôt le rêve de toute une nation. Mais pour l’Algérie, c’est peut-être le tournant le plus important de son histoire, une réincarnation. Les Fennecs ont vécu leurs années de gloire dans les années 1980 avec un Rabah Madjer à la tête d’une sélection majestueuse qui a impressionné le monde lors des Coupes du monde 1982 et 1986 pour ensuite prouver sa suprématie continentale en remportant le titre de Coupe d’Afrique des nations 1990. Mais depuis, le football algérien semble en chute libre, au point que le onze national n’a même pas pu accéder aux deux dernières éditions de la CAN, Egypte 2006 et Ghana 2008. « Nous avons certes le talent et les qualités nécessaires, mais nous souffrons de nombreux troubles internes et d’organisation qui retardent notre lancée. ça va s’améliorer bientôt et il faut juste avoir encore un peu de patience « , avait déclaré Hamid Haddadj, président de la Fédération algérienne, au lendemain de l’échec dans les qualifications de la CAN 2008. Rabah Saâdane fut alors nommé à la barre, en octobre 2007, pour la cinquième fois après avoir déjà mené la sélection à plusieurs reprises dans la période de 1981 à 2004, y compris le Mondial de 1986. C’est un peu le Gohari (NDLR : légendaire entraîneur égyptien qui a mené les Pharaons cinq fois réalisant un titre de CAN en 1998 et la qualification au Mondial de 1990) de l’Algérie qui avait pour mission de redonner les lettres de noblesse à l’équipe nationale. Saâdane a trouvé une équipe complètement différente de celle qu’il avait en 2004, à l’exception de six joueurs, à savoir Lounès Gaouaoui, Yazid Mansouri, Karim Ziani, Slimane Raho, Rafik Saïfi et Yacine Bezzaz. Dans sa quête de construire un groupe solide, capable de se hisser au plus haut niveau de la concurrence, Saâdane a parcouru les quatre coins du monde pour exploiter des talents prêts à suer pour honorer les couleurs de leur pays. Grâce à lui, les Verts peuvent se vanter d’avoir des joueurs du calibre de Abdelkader Ghezzal (Sienne, Ita), Hameur Bouazza (Blackpool, Ang), Kamal Ghilas (Hull City, Ang), Karim Matmour (Monchengladbach, All), Mourad Meghni (Lazio, Ita), Hassan Yebda (Portsmouth, Ang) et Djamel Abdoun (Nantes, Fra) qui ont tous, et d’autres encore, lancé leurs carrières internationales sous sa houlette. Les résultats n’ont pas été immédiats, mais on pouvait sentir que l’équipe était sur une pente ascendante. Bien qu’elle ait éprouvé quelques difficultés lors du premier tour des qualifications conjointes de la CAN et du Mondial, l’Algérie a pu se qualifier au second tour en tant que tête du groupe. Devant le Liberia, le Sénégal et la Gambie. Et une fois encore, après un départ au ralenti face au Rwanda (0-0), à Kigali, au second tour des qualifications, ils ont appuyé la pédale de l’accélérateur réalisant 4 victoires consécutives face à l’Egypte 3-1 à Alger, la Zambie (2-0) à Lusaka et (1-0) à Alger et Rwanda 3-1 à Alger pour s’installer confortablement à la tête du groupe avec un total de 13 points, trois devant son plus proche rival, l’Egypte. « L’équipe s’est soudée maintenant et nous avons une très bonne combinaison de jeunesse, talent et expérience. On progresse de match en match et notre confiance et esprit s’accroissent encore plus », explique Rafik Saïfi, capitaine et attaquant expérimenté de l’équipe (34 ans).
Ferhat Zafane
