Les travailleurs de l’éducation optent pour la continuation de la grève

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C’est sans surprise aucune que les travailleurs de l’éducation ont opté pour la poursuite de la grève. Ces derniers ont, à l’issue de leur conseil national extraordinaire tenu mercredi dernier, décidé à l’unanimité par bulletin secret, et en présence d’un huissier, la continuation de la grève reconductible jusqu’à l’aboutissement des revendications.

Effectivement, ni les menaces proférées par la tutelle concernant les ponctions sur salaires, ni celles de la justice n’empêcheront les travailleurs du secteur d’aller jusqu’au bout de leur lutte. La politique de l’intimidation, selon les syndicalistes, n’a fait que « renforcer la détermination des professeurs à demeurer attachés à leurs revendications et à exiger leur satisfaction ». Il faut dire que la mobilisation se renforce avec l’adhésion du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) présidé par M. Dridi, à ce mouvement d’envergure.

« La grève a été un franc succès. La preuve : le taux de participation à ce mouvement a dépassé les 97% dans le secondaire », affirme le coordinateur national du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), Nouar El Arbi.

Le Cnapest compte poursuivre le premier ministre en justice, pour avoir annulé les lois élaborées par le Parlement à travers sa directive « arbitraire » qui interdit l’application du régime indemnitaire avec effet rétroactif à partir de janvier 2008.

« De quel droit a procédé le ministre à l’annulation des textes de lois élaborés déjà par le parlement », s’est-il interrogé, en marge d’une conférence de presse tenue hier au siège national du l’Unpef. Il fera savoir en outre que « l’Etat doit près de 10 millions de centimes, à chaque travailleur de l’éducation ». Ce syndicat considère les pouvoirs publics responsables en cas de pourrissement de la situation.

Réuni en session extraordinaire jeudi dernier, en présence des représentants de 42 wilayas, le Cnapest a aussi opté pour « le renforcement de la grève par des actions de protestation d’accompagnement dont le bureau national est mandaté pour déterminer, en coordination avec les syndicats, la date et la nature ».

L’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation (Unpef) dénonce vigoureusement par la voix de son président, Sadek Dziri les procédés d’intimidation et de provocation émanant du ministère de tutelle visant à casser la dynamique de la grève. Celui-ci désapprouve également le recours systématique de la tutelle aux tribunaux pour régler des questions de revendications exposées depuis les grèves de l’année 2006. A ces yeux, ce recours est considéré comme un abus de pouvoir et une tentative de limitation des droits constitutionnels à l’instar de la grève. Il a menacé de demander l’intervention de l’Organisation internationale de l’éducation au cas où les autorités ne répondent pas favorablement à leur doléance.

Le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) a opté pour la continuation de la grève jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications.

Le Snapest s’est par la suite félicité de la réussite et de la grève et de l’unité syndicale. Ce syndicat reste convaincu que « les intérêts des fonctionnaires doivent toujours primer sur les divergences lorsqu’elles existent ». Ces organisations syndicales ont, par ailleurs réaffirmé leur attachement à l’annulation pure et simple de la circulaire du Premier ministre concernant la non-rétroactivité de l’application du régime indemnitaire avec la promulgation rapide de ce dernier, et de la décision ministérielle n°94/158 relative à la gestion des œuvres sociales accaparée par la FNTE. Ils demandent également l’instauration d’une vraie médecine du travail au profit des travailleurs.

L. O.

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