On ne va pas nous faire croire…

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Par Chérif Amayas

Ce qui s’est passé au Cairo Stadium ne saurait être tu ou passé sous silence. L’équipe nationale algérienne, les supporters et les journalistes ont été agressés, insultés et humiliés. Ceux qui veulent présenter les évènements du Caire comme des faits isolés et spontanés n’arriveront à convaincre personne. “L’accueil” réservée à la délégation algérienne a été prémédité et exécuté minutieusement dans ses moindres détails.

On ne va pas nous faire croire que les services de sécurité égyptiens sont incapables de sécuriser le parcours reliant l’aéroport à l’hôtel des Verts, et qui fait moins d’un kilomètre. On ne va pas nous faire croire que des fêtes de mariage étaient organisées à l’hôtel où logeait l’EN sans que la police égyptienne soit au courant. On ne va pas nous faire croire que le premier responsable du sport égyptien, qui en déclarant que les Verts se sont auto-fracassée leurs crânes contre les vitres de leur bus, n’a pas eu l’aval ou la certitude de l’impunité de ceux d’en haut.

On ne va pas nous faire croire que le chauffeur de bus qui devait emmener l’EN à son premier entraînement ne connaît pas le Caire, au point de mettre plus d’une heure du stade à l’hôtel. On ne va pas nous convaincre que le zèle des policiers égyptiens à l’entrée du stade est de leur seul ressort en confisquant les emblèmes de l’Algérie et passer une de nos supportrices à la fouille au corps.

L’Egypte a gagné… l’agresseur continue

Même après le coup de sifflet final, donnant l’Egypte gagnante, les intimidations et les agressions ont continué. Ainsi, le bus de l’EN dans lequel se trouvaient également le ministre de la Jeunesse et des Sports et un observateur de la FIFA s’est fait caillaisser à son retour vers l’hôtel. On ne va pas nous faire croire que les services égyptiens ont été surpris et dépassés. Nos confrères, journalistes et photographes ont été pris à partie dès la fin de la rencontre.

On ne va pas nous faire croire que les dizaines de flics que l’on a vus à la télé ont disparu comme par enchantement. Des supporters cairotes ont organisé une véritable chasse à l’Algérien, sans que cela suscite une réaction ferme des services égyptiens.

Et la FIFA ?

On peut dire sans détours que la FIFA est passé à côté de son sujet. Ainsi après “l’accueil fraternel” et les blessés qui s’en sont suivis, cette institution n’a pas trouvé mieux que de demander à l’Egypte de s’engager à assurer la sécurité de la délégation algérienne. Dixit les amendes et autres sanctions lourdes qui s’imposent en pareilles circonstances. Souvenons-nous de la menace qui était suspendu sur nos têtes après l’apparition d’un fumigène, un seul, au stade Mustapha-Tchaker de Blida. Et les observateurs de la FIFA ne vont pas nous faire croire qu’ils n’ont pas vu les fumigènes au stade du Caire, qui ont transformé cette enceinte en véritable Etna.

C. A.

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