Bien que quinze ans soient passés depuis avril 1995, on peut dire que ces dernières années, le ministère de l’Education nationale fait des efforts en vue de généraliser tamazight dans l’enseignement primaire du moins dans les régions berbérophones.
« Cela reste insuffisant », nous dit un professeur de cette langue appelé à reprendre son poste au primaire. Selon une source proche de la direction de l’éducation, cent neuf postes sont mis en concours. « Le neuf décembre prochain, pas moins de trois cents candidats vont concourir pour ces places.
Ce sont tous des licenciés », nous a confié notre source. Déjà actuellement, de nombreuses écoles primaires ont eu des enseignants dès le début de l’année scolaire. « Il est bon de recruter des licenciés mais au rythme où vont les choses, il faudra des siècles pour généraliser l’enseignement de tamazight à l’échelle nationale. Il faudrait un plan Marshal pour couvrir toutes les écoles, les collèges et les lycées », pense cet autre enseignant. Car, a voulu expliquer notre interlocuteur, l’ouverture des ITE est devenue indispensable pour former des enseignants en nombre suffisant et ce ne sont pas les deux départements de tamazight qui vont régler ce déficit énorme.
Cela étant, pour d’autres, l’introduction de tamazight ne doit pas être hâtive pour tomber dans la précipitation comme ce fut lors de l’arabisation au lendemain de l’indépendance. Alors que d’autres pensent que même ceux ayant la volonté d’enseigner tamazight, étant titulaires d’autres licences, doivent être encouragés.
« Combien de mathématiciens ont réussi à enseigner les langues et devenir même des écrivains de haut niveau ? », s’interroge cet enseignant d’arabe qui a réussi à faire de très bons résultats en tamazight en obtenant plus de 90% de réussite au BEM. « Souhaitons que des décisions en faveur de cette langue soient prises », a conclu un enseignant qui regagne le primaire après avoir enseigné quinze ans au moyen. Chose qu’il ne regrette pas car il a participé à mettre en place cette dynamique dans l’enseignement de la langue de Massinissa.
Amar Ouramdane
