“C’est une affaire de nif”

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En dépit de la défaite par 2 – 0 enregistrée au Caire, une victoire douteuse de l’Egypte, les jeunes à Tizi-Ouzou considèrent cette victoire comme la preuve de la déchéance de l’équipe des Pharaons. L’ambiance n’a pas baissé d’un iota à Tizi-Ouzou et dans les localités rurales, où, depuis plus d’une semaine, et à ce jour, des cortèges de véhicules “habillés” de l’emblème national sillonnent, en klaxonnant, toutes les ruelles de la ville de jour comme de nuit, en faisant entonner à fortes décibels les chants en faveur de l’équipe nationale. Tout cela est renforcé et appuyé par les disquaires établis à Tizi, qui mettent en boucle les chants en faveur des Vert. Les discussions dans les cafés, sur les lieux de travail, dans les rues, ne tournent qu’à la bravoure, l’abnégation des joueurs de l’équipe nationale et autour du fâcheux incident infligé à la délégation algérienne. Les citoyens de Tizi-Ouzou jurent par tous les saints que les Verts prendront le dessus sur l’équipe d’Egypte au Soudan. Il s’agit d’une affaire de nif à défendre, surtout que les considérations qui entourent la rencontre sont extra-sportives, sinon comment expliquer tout l’acharnement sur la délégation des Verts et les supporters présents en Egypte. Hier à Tizi, toutes les folles rumeurs circulaient sur le nombre de supporters qui ont trouvé la mort en Egypte. On annonce des dizaines de jeunes qui sont lynchés à mort par des Egyptiens. Tout cela a poussé les jeunes à redoubler de hargne pour gagner le match à Khartoum. D’ailleurs, avant-hier en soirée vers 21 heures, un groupe de jeunes supporters a incendié le drapeau égyptien. Certains supporters de l’EN, de retour d’Egypte, ont rapporté des faits sur les débordements et dérapages auxquels ils ont fait face, causant des dizaines de blessés et de morts. Pour la journée d’hier, un groupe de 200 jeunes ont improvisé une marche à Tizi-Ville, sommant même les commerçants de baisser rideau en guise de deuil à ceux morts en Egypte. Du côté du siège d’Air Algérie situé au centre-ville, plus de 500 jeunes s’y sont agglutinés pour l’achat du billet. Une chaîne interminable s’est constituée à l’entrée de l’agence, qui a fermé ses rideaux orientant les supporters à Alger, l’agence de Tizi ne disposant d’aucun billet. Malgré cela, la foule grossissait et attendait tant bien que mal qu’une information tombe à la faveur de leur attente. Non loin de là, au boulevard Stiti, où se situe le siège de Djezzy, près de 400 jeunes ont pris d’assaut le siège, pourtant fermé, par mesure de sécurité. Un important dispositif de forces anti-émeutes s’est installé depuis la veille aux alentours. Le face-à-face entre supporters de l’EN et les forces anti-émeutes, devant le siège de Djezzy, a failli tourner au vinaigre. Les jeunes en furie voulaient à tout prix prendre possession des lieux, dont le patron est Egyptien et venger l’agression dont a été victime la délégation algérienne. En tout cas, Tizi-Ouzou montre une fois de plus et pas de trop, son patriotisme et sa verve pour l’équipe nationale. On continue toujours d’animer par tous les moyens la ville jusqu’à mercredi soir où l’issue dépendra du résultat de notre onze national, à qui on voue tous les mérites. Même si Tizi-Ouzou se sent privée de billets pour le déplacement, rendez-vous est pris pour le mercredi soir pour continuer la fête.

Khaled Zahem

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