Des journées d’information ou de dépistage gratuit de certaines maladies, sont organisées périodiquement, par le ministère de la Santé, en direction des populations des grandes villes. “C’est à croire que la prise en charge des problèmes de santé demeure un privilège réservé aux citadins. Nous sommes menacés nous aussi, autant que les habitants des villes, par de nombreuses maladies” avoue une dame d’un certain âge, après avoir été informée du déroulement, il y a quelques jours, d’une opération de dépistage gratuit, du cancer du sein et du col de l’utérus.
Les praticiens avaient accueilli, sans distinction, toutes les femmes qui s’étaient présentées au centre de dépistage, nous a-t-on signalé. Cependant, le nombre de celles qui s’étaient déplacées depuis les régions éloignées, telles Iferhounène ou Ain El Hammam étaient, on s’en doute, très limité. Et pour cause, l’information qui avait circulé par voie de presse, n’était pas suffisante pour arriver aux concernées.
Quant bien même elles seraient mises au courant, de nombreuses femmes seraient rebutées par le trajet d’une cinquantaine de kilomètres et plus entre Tizi Ouzou et Michelet à partir de la daïra voisine. Se croyant saines, elles trouvent inutile de se déplacer. Pourtant le cancer du sein ou du col de l’utérus est “un problème de santé publique qui doit être décelé, dès son apparition”, répète-t-on, souvent, et qui menace toute la population féminine et pas seulement les citadines.
La concentration de ce genre d’opérations dans les grandes villes, n’est pas le meilleur moyen de réduire le nombre de malades. les zones rurales où l’on déplore l’insuffisance de spécialistes et de moyens de lutte contre certaines maladies, devraient faire, elles aussi, l’objet d’une attention particulière de la part des responsables.
Une population importante, souvent pauvre, vit dans ses contrées reculées, sans autre structure de santé que de simples salles de soins où l’on peut, tout juste, effectuer des injections. Il suffit de peu pour que les choses changent. Utilisés à bon escient, les camions clino-mobiles qui existent dans les EPH, peuvent s’avérer très utiles pour se rapprocher des petits villages.
A. O. T.
