Les petits Suisses, un vrai régal !

Cette performance historique, surprenante mais logique au vu des performances helvétiques durant le tournoi, prive par la même occasion un autre pays d’une place dans le livre d’or de la compétition. Triple champion du monde, tenant du titre et pays hôte, le Nigeria avait l’occasion de dépasser le Brésil et de devenir le premier quadruple vainqueur. Mais malgré le soutien de tout un pays, dont 60 000 supporters déchaînés en finale, les Golden Eaglets doivent se contenter de l’argent, soit une place de moins que lors de l’édition précédente. Même constat pour l’Espagne qui, même si elle quitte le Nigeria avec le sourire et une médaille, est descendue d’une marche par rapport à Corée 2007. Brésil, Mexique, Japon, Allemagne ou Italie : autant de candidats à la victoire finale qui ont fait les frais de la Suisse, sur sa route vers le sacre. Promise à une élimination prématurée dans un groupe avec les Brésiliens, Mexicains et Japonais, le petit pays d’Europe en est sorti avec autant de victoires, acquise grâce à un jeu flamboyant et un mental d’acier. Le principal atout des champions du monde se situe sur le banc où l’entraîneur Dany Ryser avait confié avant le tournoi que « Dans notre groupe à l’Euro, on nous promettait un rôle de faire-valoir et nous avons fini premiers. Alors le rôle du condamné me va très bien.  » Force est de constater que le costume est taillé sur mesure. Tactique et motivation n’ont plus de secret pour le technicien helvétique qui a su répondre à tous les défis proposés à son équipe par les meilleures sélections du monde. Avec un duo offensif Nassim Ben Khalifa-Haris Seferovic, aussi complémentaire que décisif, et une colonne vertébrale composée du milieu de terrain Paitim Kasami, du défenseur et capitaine Frédéric Veseli et du dernier rempart Benjamin Siegrist élu meilleur gardien du tournoi, la Suisse s’est offerte un présent brillant et un avenir qui s’annonce radieux. Côté nigérian, la fierté peut également être de mise. Avec une équipe largement remaniée quelques semaines avant le tournoi en raison des tests IRM sur l’âge des joueurs et un John Obuh sans grande expérience aux commandes, le pays hôte a fait rêver ses millions de supporters. Parmi les atouts d’une équipe qui était menée 3 : 0 face à l’Allemagne en match d’ouverture, pour finalement arracher le 3 : 3 et prendre conscience de ses qualités, les attaquants Sani Emmanuel et Stanley Okoro ont multiplié les exploits pour porter leur équipe aux portes du rêve. Les voilà prêts pour entamer un nouvelle série, puisque leur invincibilité qui durait depuis 2003 dans l’épreuve a pris fin face à la Suisse.