Mardi dix heures du matin, consternation et colère chez les patients agglutinés devant la salle de soins du centre de santé de M’chedallah situé au premier étage, à l’annonce faite par un agent du paramédical, relative à la consommation totale du quota des doses de vaccin. Alors que le hall, les couloirs et les escaliers sont bondés dépasse largement les 200 personnes attendant leur tour pour se faire injecter le vaccin antigrippal.
Le médecin-chef du service, qui nous reçoit et sur le visage duquel se lisait une immense gêne de ne pouvoir satisfaire tout le monde, se voyant obligé de renvoyer ces citoyens dont la majorité sont des vieux, nous apprend qu’en plus des personnes recensées (malades chroniques), tout le personnel de la santé et les malades hospitalisés doivent être vaccinés et que le quota de 4 000 doses attribuées par l’EPSP d’Ahnif couvre à peine 60% des besoins de la circonscription.
Ce responsable affirme ignorer la suite à donner par la DSP quant au reste des malades qui n’ont pas reçu le vaccin, ce qui augmente à sa gêne de ne pouvoir répondre aux personnes dont la plupart sont venues de loin et se déplacent péniblement à cause de leur âge avancé. Un état de fait qui illustre on ne peut mieux une mauvaise organisation de cette campagne de vaccination et qui, faut-il le rappeler, n’est pas la première du genre mais une opération qui se répète depuis plusieurs années en cette période, ce qui aurait dû logiquement permettre l’amélioration de la prestation après l’expérience des préparatifs en apportant les correctifs nécessaires par les responsables de ce secteur. Hélas, c’est compter sans le dédain et le mépris qu’on affiche à l’endroit des malades en général et ceux chroniques en particulier. Sinon comment expliquer le fait d’appeler par voie d’affichage et par tous les circuits de communication, ces malades à se rapprocher des centres de santé à une date précise pour les renvoyer chez eux ensuite sans être vaccinés ? Est ce à cause d’une insuffisance des doses ? Tous les responsables du paramédical questionnés à ce sujet sont incapables de donner une explication à cet état de fait. Est-ce dû à un recensement qui n’est pas à jour ou à une mauvaise répartition des quotas de vaccins ou enfin une acquisition insuffisante de ce vaccin par les officines chargées de son importation, telle que serait la réponse, un fait est sûr : ceux des malades qui n’ont pas encore reçu ce vaccin risquent d’attendre longtemps encore. A quoi sert-il de faire tout un tapage à travers tous les médias autour de ce vaccin qui a fait objet d’une intense campagne de sensibilisation quand on n’est pas près à la concrétiser sur le terrain ? Ce qui s’apparente à une symphonie mal synchronisée où le geste ne se joint pas à la parole. Reste à savoir où se situe le dérèglement et comment y remédier.
Oulaid Soualah
