Sur tous les étals des marchands, les fruits et les légumes offrent le même aspect avec la peau ridée et détachée de la chair, en raison d’un long séjour dans les chambres froides et cela, après avoir, perdu toute saveur au goût, reste à savoir leur répercussion sur la santé du consommateur. Les légumes les plus affectés par cette longue conservation sous le froid sont la pomme de terre, dont la peau déshydratée ressemble à celle d’une vieille centenaire, l’oignon à moitié moisi, les aubergines qui ont l’aspect de ballons de rugby dégonflés. Même constat pour les légumes de saison, tel le navet, le radis et le chou-fleur. Les fruits aussi ont subi leur part de détérioration : le goût des pommes ressemblent étrangement à celui du savon avec une perte totale de sa saveur et son odeur caractéristique quant à l’orange et le raisin, on dirait qu’ils ont été passés au vinaigre.
Depuis l’apparition de ces chambres froides, nos cuisinières ont dit adieu au « mariage des goûts » et aux plats exquis, qu’elles savent si bien nous mijoter, ce ne sont ni les cubes de jumbo ou les morceaux de viande congelés qui peuvent venir à leur secours pour relever le goût. Nos braves femmes ont perdu cette passion de s’enfermer dans la cuisine pour nous faire des surprises en faisant appel à leurs talents et leur art en matière culinaire. Quelque part, « on » penserait que nous en sommes repus et l’on verse dans la critique, non, la réalité est tout autre, ce qu’on met à la disposition de la ménagère sur les étals est tout simplement inconsommable « intouchable en Kabylie ». C’est à croire que les dépôts de conservation ne sont ni inspectés ni contrôlés, sinon, comment expliquer la perte totale de la qualité des fruits et légumes à cause d’un séjour prolongé dans ces chambres froides ? La période de stockage de ces matières fragiles et sensibles est-elle réglementée ?
L’étonnement est d’autant plus grand, sachant qu’il est fréquemment enregistré des pénuries de légumes de large consommation, tel la pomme de terre ou le piment vert, deux denrées essentielles dans la cuisine kabyle et qui apparaissent à chaque fin de pénurie avec le même teint que celui d’un… prisonnier qui a séjourné longtemps, dans un cachot et à quel prix ! n’est-il pas temps de mettre en place un mécanisme de contrôle et de suivi stricte tel des registres de mouvement des fruits et légumes comportant les dates d’entrées et de sorties conjointement signés par les détenteurs de chambres froides, les cultivateurs fournisseurs et l’inspecteur de la direction du commerce ? En cette période d’hiver, ces matières ne nécessitent aucun conditionnement, leur conservation se ferait de manière naturelle, nul besoin de les faire transiter par ces chambres froides à moins de vouloir les soustraire au consommateur pour les lui délivrer au compte-gouttes et au prix qu’on veut. L’Etat doit réagir pour mettre fin à l’anarchie par des lois plus sévères.
Un recul net des accidents de circulation a été enregistré, au grand soulagement de tous, depuis l’instauration de lois plus sévères, un état de fait assez édifiant et qui doit inspirer le législateur Algérien pour « frapper fort » dans tous les secteurs névralgiques. N’importe quel dompteur de fauves vous dirait que quand la cajolerie ne donne pas de résultat, il n’y a que le fouet pour faire marcher droit.
Oulaid Soualah
