Les Algériens vont ainsi sacrifier un mouton pour perpétuer le sacrifice du prophète Abraham. Ainsi, quelques jours seulement nous séparent de cette fête religieuse souvent synonyme de grandes dépenses. Après la liesse et la joie qui ont marqué la qualification des Verts au Mondial, les Algériens renouent avec leurs préoccupations sociales, devant une flambée vertigineuse des prix de mouton, ainsi que celle de produits de large consommation, tels les fruits et légumes. Lors de notre virée aux différents marchés de bétails d’Alger, on s’est rapproché de quelques maquignons, qui envahissent ces derniers jours la capitale, pour les interroger sur l’ origine de cette flambée à quelques jours seulement de l’Aïd. “Le prix du mouton varie entre 25 et 60 000 DA. Le citoyen achète selon ses capacités. Certes les moutons sont un peu chers, mais les acheteurs ont toujours un choix devant eux”, diront-ils.
Des acheteurs potentiels déplorent la cherté à chaque fête religieuse. “Ces pseudo-maquignons profitent de l’occasion pour s’enrichir au détriment des ménages aux revenus modestes. Mais ce que je dénonce c’est l’indifférence totale du ministère du Commerce devant cette spéculation”, se désole Omar, un père de famille qui n’a pas encore trouvé un mouton qui convienne à son portefeuille.
… Quand le prix du mouton frise les 60 000 DA
Du jamais vu, le prix du mouton de l’Aïd a battu tous les records cette année. Cette situation est due, selon nos interlocuteurs, à la fièvre acheteuse qui s’est emparée ces derniers jours des ménages algériens, ce qui arrange beaucoup le affaires de ces commerçants. Les charges des ménages aux revenus modestes s’annoncent ainsi de plus en plus lourdes.
… Même constat pour les fruits et légumes
L’approche de chaque fête religieuse pousse les commerçants à profiter de l’occasion pour gonfler les prix au grand dam des ménages aux revenus modestes.
Les ménagères sont unanimes à dire que, depuis quelques jours seulement, la mercuriale connaît une hausse très conséquente, même dans les marchés connus pour leurs prix raisonnables tel le marché des Trois-Horloges à Bab El-Oued.
Jugez-en : 50 à 60 DA le kilo de salade verte, 40 DA pour les navets et les carottes, 90 DA pour la tomate, 40 DA pour le céleri, entre 50 et 60 pour la pomme de terre. Pour les primeurs, les petits pois sont cédés à 140 DA le kilo, les haricots verts et les poivrons à 140 DA et la courgette à 120 DA. Soulignons que la pomme de terre affichée entre 50 et 60 DA le kilo est une exagération et reflète encore une fois le poids des spéculateurs à maintenir ce niveau de prix, garantissant un profit optimal. Le responsable au ministère de l’Agriculture chargé de la régulation et du développement agricole en Algérie a déclaré récemment que les prix seront contrôlés, tout en assurant une stabilité des prix à la consommation du légume. Mais cette lecture ne semble pas prendre en considération le manque de régulation du circuit de commercialisation qui reste sous l’emprise des spéculateurs, au détriment de ménages. Pour ce qui est des fruits, la clémentine et l’orange sont au coude à coude et le premier choix n’est pas encore descendu sous la barre des 150 DA.
L’orange de petit calibre est, quant à elle, vendue entre 90 et 120 DA le kilo. Quant aux bananes, elles se font de plus en plus désirer avec un prix qui culmine jusqu’à 120 DA, après être descendu jusqu’à 80 DA naguère. Les pommes de qualité sont passées de 160 à 200, voire 250 DA, et les dattes varient entre 250 et 500 DA.
La viande ovine tourne autour de 700-800 DA le kilo et certains pères de famille, qui se trouvent dans l’incapacité d’acheter le mouton de l’Aïd, font déjà leurs calculs pour offrir quelques kilos de viande à leur famille, afin de ne pas se démarquer de leurs voisins, et de ne pas priver leurs progénitures de la joie de cette fête.
Y. Maouchi
