Les fourgons aménagés assurant le transport entre les villages de toutes les communes et le chef-lieu de la daira de M’chedallah peuvent être qualifiés dans leur majorité de tout, sauf de transport de voyageurs, en raison de leur état et de la manière avec laquelle ils sont utilisés. Avant de prendre place à bord de l’un de ces fourgons, c’est la saleté et mêmes des odeurs à la limite du supportable qui vous accueillent.
Une fois à l’intérieur, l’état des sièges ne vous donne pas envie de s’asseoir. Avant de le faire, il faut prendre mille précautions au risque d’avoir la peau des fesses lacérée par les lames transversales des sièges ou y laisser un lambeau du pantalon.
Les ressorts n’attendent que le moment où l’on se pose de tout son poids sur eux pour riposter en se transformant en pics qui ne cesseront pas de vous faire « hara-kiri ». Durant tout le trajet on se rend compte que les sièges sont…. mobiles et tanguent en avant comme en arrière. C’est à croire que vous êtes sur une barque soumise au bon gré d’une mer houleuse.
Les oscillations dangereuses de gauche à droite et vis-versa sont aggravées par les routes en lacets et serpentées.
Le tout est aggravé par une conduite… faite de coups de volant brusques tantôt à gauche tantôt à droite, de coups de freins et des démarrages sur les chapeaux de roues et gare aux voyageurs qui auraient l’audace de protester, il auraient droit à une réplique sèche doublée d’un regard menaçant. Le voyage dans ces contrées du pays profond qui offre des panoramas de rêve se transforme en cauchemar par la grâce de conducteurs qui n’ont de yeux que pour de la recette du jour et rien d’autre.
Le respect et la sécurité du voyageur sont oubliés et semblent ne causer aucun souci à ces chauffeurs pour la plupart jeunes et ne donnent aucune impression d’être conscients de leurs responsabilités en mettant en danger des dizaines de vies humaines à longueur de journées.
Malgré leur état et celui des routes, ces fourgons engagent du matin au soir, une course contre la montre pour faire le maximum de navettes sans se donner un temps de repos, indispensable pour l’entretien, les vérifications nécessaires ; ce sont des chauffeurs exténués qui rentrent chez eux en fin de journée pour manger et dormir quelque heures pour être au rendez vous le lendemain, à 04 heures du matin au niveau de l’arrêt où il est fréquent d’entendre ronfler un chauffeur qui attend son tour pour charger. Qui est responsable de cette situation ?
Ces chauffeurs qui opèrent des rallyes du matin au soir en engageant bien souvent des courses poursuites entre eux, et qui rivalisent en nombre de navettes pour gagner le maximum d’agent au détriment de toute forme de civisme ? Les voyageurs qui prennent encore ces fourgons dont quelques uns ressemblent à des cercueils mobiles et qui n’ont jamais élevé la voix pour protester contre ce mépris qu’on affiche à leurs égards ? Ou encore les services de l’Etat chargés de ce secteur ?
Oulaid S.
