Préparatifs de la fête de l’achoura

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C’est, depuis toujours, le dernier week-end avant l’achoura que les villageois mettent à profit pour se préparer à l’organisation de la fête.

Différents points sont passés en revue par les membre présents à l’assemblée générale du village, seule habilitée à prendre les décisions importantes. “L’accueil des invités”, comme l’on se plaît à appeler les visiteurs, occupe une place importante du programme. Ce n’est pas une mince affaire que de nourrir et canaliser les centaines, voire les milliers, de pèlerins de tous âges et tous sexes confondus qui arriveront de partout.

Le domaine des femmes, bien distinct de celui des hommes, fait à chaque fois l’objet d’une grande attention. Des personnes âgées du villages seront chargées d’y faire régner l’ordre et surtout d’éviter que la gent masculine n’y accède. “Aâssas”, le saint gardien du mausolée ne s’accommode pas de la mixité.

Les hommes seront guidés et nourris dans une autres aile, par les jeunes volontaires auxquels on a pris soin de répartir les tâches. La question cruciale du traditionnel couscous revient inéluctablement dans la discussion.

Le groupe de femmes, chargées de le préparer sur place, sera désigné à l’avance, pour que rien ne “foire” le jour “j”. Le boucher, aidé par des villageois, égorgera autant de moutons que nécessaire pour satisfaire les visiteurs. Il faut dire aussi que depuis quelques années, hormis la visite au lieu saint, de nombreuses personnes s’y rendent aussi pour profiter du bon couscous à la viande qu’on y sert. A Djeddi Menguelath comme à Sidi Zeggan ou à Chikh Arab, les trois mausolées de l’ex Michelet, il faut jouer des coudes pour s’approcher des plats de couscous. Il faut dire, cependant que “Taachourth” de cette année ne sera pas comme celles des années précédentes. Beaucoup de villageois se posent d’ailleurs, la question quant à l’opportunité d’organiser un tel événement, dans les circonstances actuelles (menace de la grippe porcine).

Des rassemblements de personnes d’une telle importance peuvent s’avérer des vecteurs de transmission de la maladie, à grande échelle. Malgré la menace, certains trouveraient quand même l’outrecuidance d’affirmer que le saint des lieux est capable, à lui seul, de protéger ses enfants”.

A. O. T.

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