Vers une mutinerie au RCD

Le parti de Saïd Sadi, en revanche organisera, à son tour, les primaires sous la pression des cadres du parti… suivant en cela le FLN et RND qui ont observé le respect des règles démocratiques ! Le RND, qui devait se limiter à la désignation des candidats, a fini par se conformer au choix démocratique du candidat. Pour la plupart des cadres, les primaires tenues relèvent d’une opération truquée, dès lors que des pressions sont exercées sur certains postulants afin de retirer leurs candidatures. Le président du RCD s’est déplacé à Tizi-Ouzou à deux reprises, pour assister aux élections primaires, où Mohand Ikherbane n’a pu glaner que 132 voix sur 202 que compte le collège électoral du parti. 70 voix officiellement se sont démarquées de l’actuel P/APW de Tizi-Ouzou, candidat de choix de Saïd Sadi.

Il est fort à craindre, pour le RCD, que le jour du scrutin, le 29 décembre prochain, les élus du RCD changent de fusil d’épaule, soit en faisant glisser un bulletin à blanc soit en reportant les voix sur les autres candidats (FLN et RND). Une vive tension règne au parti de Saïd Sadi après que la direction du parti a réussi à imposer Mohand Ikherbane comme candidat aux sénatoriales. La seconde virée à Tizi-Ouzou faite par le président du parti remonte seulement à quelques jours, où il a assisté à l’assemblée générale des cadres du parti.

Le président du parti, très au fait de la colère qui couve parmi les cadres sur le choix de candidature arrêté, a été très clair : »C’est le profil de Ikherbane qui m’intéresse au Sénat. Celui qui le conteste, les portes du parti sont ouvertes, qu’il sorte de nos rangs ». Cette déclaration a été très mal appréciée par plusieurs cadres du parti et élus présents à l’assemblée générale. D’ailleurs, des contacts se multiplient entre différents cadres et élus afin d’organiser une riposte à ce qu’ils qualifient de « mépris », de « primaires truquées » et de « règles démocratiques violées ». On croit savoir qu’un deal s’est fait entre la direction du parti qui a proposé à l’un des postulants aux primaires de briguer le poste de président d’APW, si l’actuel P/APW passe au Sénat. La désapprobation par les élus et cadres du parti du candidat du RCD pour les sénatoriales est un signal annonciateur d’une surprise de l’issue du vote du 29 décembre.

Plusieurs cadres et élus du parti sont en contact permanent et des conclaves se tiennent, où il est question d’organiser une vraie mutinerie politique contre les choix et déclarations de la direction du parti. Les contestataires entendent rendre public le clash avec leur direction dans les prochains jours, juste avant la tenue des élections sénatoriales.

De son côté, le FLN, fort de ses 139 voix, conscient de l’absence de cohésion politique et organique au sein du RCD, prépare une efficace embuscade politique à son allié d’hier, le RCD.

Le FLN entend rallier à sa cause les déçus du RCD et les élus indépendants qui sont au nombre de 60 à l’échelle de la wilaya, sans compter les tractations avec le RND et les élus du FLN, dont le consensus est de faire barrage au parti de Saïd Sadi, miné de l’intérieur et en ligne de mire de l’extérieur.

Khaled Zahem