Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a affirmé, hier, que la France ne s’ingérera pas dans la politique intérieure de l’Algérie, soulignant le civisme du mouvement populaire. En effet, s’exprimant hier matin sur BFM TV, le chef de la diplomatie française est revenu sur les manifestations enclenchées en Algérie depuis plus d’un mois pour revendiquer le changement du système.
Le Drian a affiché l’admiration de son pays aux manifestations pacifiques en Algérie. «La France ne s’ingérera pas», a-t-il précisé. Et d’ajouter : «Nous regardons avec attention tout ce qui se passe, la force de mouvement démocratique et surtout le civisme de ces manifestations avec un peu d’admiration». Les Algériens font preuve, a-t-il souligné, «d’une très grande dignité».
Le Drian a affirmé que «la France sera aux côtés de l’Algérie, mais c’est l’Algérie qui décide de son avenir et non pas la France». Le même responsable a apporté, mercredi passé, des précisions sur la position de son pays quant à la situation qui prévaut en Algérie, et ce devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française.
«Sur la situation en Algérie, je voudrai dire les choses de manière très claires parce qu’au cours des derniers jours, notre position a donné lieu à des détournements, des incompréhensions et des raccourcis», a-t-il dit. Et d’ajouter : «L’Algérie est un pays souverain. La France n’a pas à s’immiscer dans les affaires intérieures de l’Algérie. Elle n’a pas à le faire et elle ne cherche pas à le faire».
C’est au peuple algérien, a-t-il soutenu, «et à lui seul qu’il revient de décider souverainement de son avenir et il a montré cette posture au cours des dernières semaines». Le souhait de la France, selon le Drian, «c’est qu’une forme de transition puisse s’engager rapidement pour répondre aux aspirations profondes qui continuent de s’exprimer. Et pour accompagner cette dynamique, nous parlons aux autorités algériennes mais nous écoutons aussi la société civile dans son expression forte. L’Algérie doit maintenant tracer son avenir, il prendra la forme qu’auront choisi les Algériens».
Samira Saïdj

