«Le désastre est plus grave qu’on le pensait. Les dégâts occasionnées par les chutes de neige au niveau des olivettes prend les proportions d’une véritable catastrophe naturelle, dès l’apparition des premiers rayons de soleil, qui ont légèrement réchauffé l’atmosphère. Tous les oliviers sans exception, commencent à se dessécher à vue d’œil, terrassés par les gelées et le verglas. Les fellahs découvrent avec effarement la catastrophe, qui apparaît dans toute son horreur. Un panorama d’hécatombe devant lequel ne peuvent rester insensibles les cœurs les plus endurcis», déclare un groupe de fellahs de la région de Saharidj qui nous ont invité, le week-end dernier, à les accompagner dans leurs champs pour constater de visu, les dégâts causés à leurs oliveries par la dernière vague de froid qui toucha de plein fouet la dite région. «Nous avons déjà lance des cris de détresse à travers la presse à l’égard des services de l’agriculture, en appuyant sur le facteur temps. Malheureusement, notre cri d’alarme n’a suscité aucune réaction, et la catastrophe s’en va grandissante. Il est déjà trop tard à l’heure actuelle. La dernière chance de survie qui reste à ces oliviers est une taille généralisée appelée taille de régénération ou de rajeunissement qui nécessite de gros moyens, à commencer par les tronçonneuses en quantité suffisante et tout de suite. Le compte à rebours a d’ores et déjà commencé pour ces arbres le mois d’avril, en l’état actuel leur serait fatal et la paupérisation de la majorité de la population, dont l’olivier reste la principale ressource serait aggravée», déclarent nos interlocuteurs, avant de conclure : La commune de Saharidj doit être classée zone sinistrée en matière d’arboriculture, d’apiculture et même de cheptel ovin. Il n’est presque plus nécessaire de procéder à un recensement ou constat individuel, c’est tout le territoire de la commune qui est touché de plein fouet au même titre qu’une sécheresse due à une invasion acridienne, une catastrophe que nul agriculteur ne peut affronter sans l’aide de l’Etat». Nous avons constaté ces derniers jours, quelques jeunes qui sillonnent la région équipés de tronçonneuses et dont la prestation exigée de ces malheureux petits fellahs, qui ne savent à quel saint vouer est de l’ordre de 600 DA l’heure. Ils mettent en moyenne quatre heures pour traiter un seul arbre, ce qui est hors de portée des bourses de ces derniers (fellahs) d’où la nécessité de l’intervention de l’Etat.
O. Soualah
