Début de la campagne de cueillettes d’olives

En raison d’une faible production d’olives cette année, ajoutée à une infection généralisée de vers, c’est sans enthousiasme ni un quelconque empressement que les propriétaires d’oliveraies de la daïra de M’chedallah ont démarré ce week-end la campagne d’oléiculture.

Ne serait-ce tout le mythe qui entoure la récolte des olives, qualifiée de sacrée, de nombreux agriculteurs se seraient abstenus du ramassage, eu égard à une production insignifiante. Comme d’habitude, l’on commence déjà à enregistrer les premières victimes de cette campagne qui comporte des risques d’accidents. En effet, une jeune fille, la vingtaine, a fait une chute dangereuse du haut d’un olivier lui causant de graves fractures au niveau de la colonne vertébrale, qui risquent de lui laisser des séquelles à vie. A l’heure actuelle, elle est hospitalisée à Tizi Ouzou, où elle a subi une série d’opérations au service orthopédie. Les risques de voir se multiplier ce genre d’accidents cette année est omniprésent, en raison de l’installation définitive d’un micro-climat dans la région depuis la mise en service l’année passée, des barrages Tilesdit de Bechloul et celui de Tichy-Haf d’Akbou (w. Bgayet).

Ce changement climatique est à l’origine d’un taux d’humidité assez élevé qui augmente, à son tour, le volume de la gelée. Les troncs et branches des oliviers mouillés et aspergés par cette gelée quotidienne deviennent visqueux et extrêmement glissants, d’où le risque de chute qui guette chaque personne une fois sur l’arbre. Autrefois, les paysans ne commençaient à grimper sur les oliviers qu’à partir de 10 h du matin, soit après que le soleil ne fasse évaporer le peu d’humidité accrochée sur les arbres.

Malheureusement, depuis l’apparition de ce microclimat, une brume compacte enveloppe toute la région chaque matin, et ne se dissipe qu’à partir de midi passé. Cette brume n’est-elle pas aussi la cause de cette maladie des oliviers ? Toujours est-il qu’elle augmente sensiblement les risques de chutes ; les seuls moyens capables de réduire ce danger est l’utilisation des échelles.

Malheureusement, à 4 000 DA l’échelle de 5 mètres, elles sont hors de portée de l’écrasante majorité de ces agriculteurs. Même si l’Etat a consenti des efforts dans le cadre de la relance de l’agriculture de montagne et que la majorité des propriétaires d’oliviers ont bénéficié d’aides financières pour l’entretien des arbres, il reste qu’il n’a jamais été envisagé l’étude ou la création d’une technique pour faciliter la cueillette des olives, qui reste l’une des activités la plus pénible et la plus dangereuse dans l’agriculture.

Pour ceux qui l’ignorent, les oliviers de la région de M’chedallah sont les plus grands à l’échelle nationale, le plus petit atteint entre 8 à 10 mètres, il est fréquent de voir des oliviers situés au flanc de collines ou à proximité des ravins, atteindre largement les 15 m de hauteur, leurs cimes tirent vers le haut à la recherche du soleil et de la lumière. La croissance des oliviers situés dans des zones ombragées est spectaculaire, de plus ils accusent le plus faible taux en rendement.

Oualaid Soualah