Grippe A H1N1 : le mécanisme de prévention dans les écoles patine

Dans tous les établissements, tous cycles confondus, que nous avons visités, aucun d’entre eux, n’est arrivé à appliquer la circulaire ministérielle comportant les directives à exécuter, à titre de prévention, contre la grippe porcine. Dans cette circulaire, il est fait obligation à tous les établissements scolaires de mettre à la disposition du personnel et des élèves du savon liquide « Dethol » des masques ainsi que le nettoyage et la désinfection des classes à base de détergents. Or, les modalités d’acquisition du savon liquide et les masques ne sont pas définis. Certains chefs d’établissements évoquent une amputation sur le budget propre de fonctionnement, d’autres par contre attendent à ce que la direction de l’éducation leur en fournisse un quota. Jusqu’au moment où nous mettons sous presse, aucun de ces établissements n’est en possession de ces moyens de prévention.

A 150 DA la fiole de 250 Cl du savon liquide « Dethol », les masques à 15 DA l’unité, la facture mensuelle pour la dotation de chaque établissement se chiffrerait à des dizaines de millions de centimes, d’où l’hésitation de tout un chacun, à se lancer dans de telles dépenses sans l’aval des supérieurs. Dans certains établissements, on a mis à la disposition des professeurs dans les salles d’eau, du savon liquide « Isis », destiné à l’origine à la vaisselle. Le médecin-chef de la prévention de M’chedallah est catégorique, ce détergent n’est d’aucune utilité pour la désinfection des mains. Dans d’autres établissements, c’est encore plus grave, c’est carrément l’eau qui fait défaut, à l’image du lycée de Saharidj. Ces écoles sont les lieux où il y a le plus de regroupement de personnes qui se chiffrent par centaines, ne pense-t-on pas qu’ils doivent bénéficier d’une priorité absolue et d’un intérêt particulier ? Ce sont des établissements qui doivent faire objet d’une prise en charge concrète et urgente. Au train où vont les choses, les seules campagnes de sensibilisation sont largement dépassées, une prise en charge qui ne doit pas, à notre avis, être laissée à la seule charge de la direction de l’Education qui ne pourrait jamais faire face efficacement sans que ne soient impliqués les pouvoirs publics, sachant que c’est à partir des écoles que des contaminations tous azimuts peuvent se produire. C’est un cas où aucune autorité n’a le droit de s’en… laver les mains, la contribution de tous est une nécessité absolue. Ces élèves une fois le portail de l’école franchit, deviennent des citoyens à part entière comme n’importe quel autre citoyen, ils sont directement sous la responsabilité des pouvoirs publics auxquels incombe leur santé et sécurité.

Oulaid Soualah