Déjà par le passé, nos enfants n’avaient guère droit aux vacances au sens réel. Les vacances normalement sont conçues pour reprendre le souffle et se ressourcer afin de pouvoir affronter le trimestre suivant.
Pour se doper et remplir ses batteries; Un écolier doit changer d’air, de visages et d’activité. Les vacances riment avec évasion, farniente, voyage. Chez nous à Mâatkas et en kabylie, nous n’avons pas cette culture. Les causes sont dans plusieurs cas légitimes et compréhensibles.
Pour une grande majorité, les moyens constituent un grand empêchement. On ira pas se promener lorsque l’on arrive pas à vivre décemment pendant le restant de l’année. Il faut dire que la cherté de la vie et l’érosion sensible du pouvoir d’achat des fonctionnaires et des ouvriers en sont pour beaucoup dans cette affaire. Un fonctionnaire à qui nous avons demandé de nous parler de ce qu’on fait ses enfants scolarisés, pendant cette fin de trimestre, celui-ci indiquera : « Je suis un fonctionnaire et père de cinq enfants dont quatre sont scolarisés (2 au lycée, une fille au CEM et un garçon à l’école primaire). Sachez également que je ne gagne qu’un salaire mensuel net de 28 000 DA. Inutile de préciser que vers la fin du mois je reste sans le sous comme beaucoup de fonctionnaires d’ailleurs », et d’ajouter « mes enfants n’abordent même pas ce sujet avec moi, car je ne leur cache rien, ils connaissent ma réalité et font une croix sur les causes d’eux même », et pour terminer.
Monsieur S. A., nous fera remarquer : « Le fait d’arriver à prendre en charge les frais de leur scolarité et le fait de pouvoir leur garantir leur subsistance est une vraie prouesse pour quelqu’un qui n’a qu’un salaire unique. Avec les multiples et les fréquentes hausses que connaît le marché et nos salaires qui demeurent figés. Parler de vacances et de voyages est devenu insensé. «
Il faut admettre aussi que les vacances d’hiver de cette année ne ressemblent guère aux précédentes. D’abord, la plupart des établissements ont prévu des cours de rattrapage pour récupérer le mois de grève observé par les enseignants. Donc les congés sont réduits à une semaine, ce qui ne plaît pas à tous les élèves. Amar un jeune lycéen du côté de Souk El Tenine ne manquera pas de relever : « Cette année les vacances sont écourtées, les profs doivent se débrouiller avec leur tutelle autrement. Quant à la semaine restante et bien nous sillonnons à longueur de journée les ruelles salles et étroites de nos villages. Les voyages et les sorties organisés ce n’est pas pour nous hélas. Malgré tout, nous souhaitons bonne année à tous le monde et particulierement aux lycéens de Maâtkas. «
Pour notre part, nous exhortant les décideurs à faire en sorte que nos enfants puissent, à l’instar des enfants du monde, jouir un jour des bienfaits de vraies vacances. Une thérapie qui peut contribuer à former qualitativement nos écoliers et les éloignera certainement des conséquences de l’oisiveté, de la routine et de la monotonie.
Hocine Tiab
