Menace sur le service minimum

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S’exprimant lors d’une conférence de presse commune tenue au siège de l’Unpef, le président du SNPSSP, le docteur Yousfi a indiqué que son mouvement de grève intervient dans un environnement où le système de santé est mis en péril. La preuve, a-t-il dit : le secteur de la santé est géré par une loi qui date depuis 1985 alors que les lois régissant dans d’autres secteurs ont été toutes révisées. Pour ce dernier, le citoyen est le premier et le dernier à payer les frais de ce bras de fer opposant son syndicat à la tutelle.

Il a aussi indiqué qu’avec le départ des spécialistes vers l’étranger et le secteur privé, il n’y aura plus de médecins spécialisés. “Avec qui, vont-ils faire fonctionner le secteur de la santé ?”, s’est-il interrogé.

Pour sa part, le président du SNPSP, le docteur Lyès Merabet est revenu sur son mouvement de protestation qu’il a qualifié de réussi, précisant que cette action qui s’inscrit dans la durée et dans la détermination a vu une très large adhésion. Celui-ci dira à cet effet que “nous sommes totalement adhérents à une politique forte qui amènera le secteur de la santé à sortir du marasme dans lequel il se débat depuis plusieurs années”.

Il a déploré en outre le fait que “chaque ministre vient au secteur de la santé avec une réflexion, mais ça nous renvoie à chaque fois au point zéro”.

S’agissant du projet de décret portant statut particulier des praticiens de la santé publique, un projet finalisé de manière unilatérale par la tutelle et remis au gouvernement sans l’accord du partenaire social, M. Merabet dira : “On nous a fait poiroter pendant des années pour nous imposer ce qu’ils ont décidé”.

M. Merabet réclame, dans ce sens, l’amendement du décret relatif au statut particulier des praticiens pour le ramener à ce qui a été discuté. Car le statut proposé par la tutelle, poursuit le président du SNPSP, est dévalorisant.

Sur un autre volet, le docteur Merabet a précisé que la tutelle veut casser le mouvement en menaçant de ponction sur salaire. “Au moment où le ministre donne le coup d’envoi de la campagne de vaccination, ce dernier envoie une instruction de ponction sur salaire aux directeurs des établissements sanitaires”, s’est-il indigné.

Selon lui, cette manière de faire, “nous pousse à revoir le service minimum”. Cette dernière sera évaluée lors de leur conseil national qui aura lieu le 14 janvier prochain. Et de menacer: “Notre mouvement se poursuivra jusqu’à ce qu’on daigne nous écouter”.

Lemya Ouchenir

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