Tapage nocturne et droit au sommeil

En dehors de ces cortèges fleuris et scintillant, en dehors de ces visages souriants, ces belles créatures resplendissantes et charmantes, en dehors de cette joie éphémère, les fêtes au village, soient-elles de mariage, de fiançailles ou de circoncision ont toujours un arrière goût fade et amer. Ce n’est sans doute pas le principe de faire la fête qui dérange, ni encore moins ces dépenses qui donnent parfois du tournis, mais le tapage qui empêche les autres de dormir. Nulle société ne peut prétendre à un avenir prometteur et au civisme, si les gens ne se respectent pas mutuellement et ne connaissent pas les limites de leur liberté, que nul ne doit l’ignorer, prend fin là où commence la liberté des autres. En effet, les fêtes nocturnes ne datent pas d’hier mais elles n’ont jamais suscité autant de discussions et d’interrogations comme l’ont été ces dernières années. L’avènement des disc-jokey fait voler en éclat le peu de solidarité existant entre les gens. Mais surtout le peu de bon sens qui y régnait. Faire la fête est tout ce qu’il y a de normal quand on sait que le bonheur ne dure pas longtemps, mais accompagner ce chant de cris incessants, et inexpliqués-dignes du rugissement de quelques bêtes féroces dans la jungle, tout au long de la nuit, sans se soucier de la tranquillité et le sommeil d’autrui est insupportable. Et quand ces fêtes sont quotidiennes durant la saison estivale, cela dépasse les limites du pensable. Si l’absence de l’Etat est un constat amer et regrettable, le comité des villages est prié de remédier quoique non sans difficultés, mais le problème vaut le détour et l’intervention rapide, comme ce fut le cas il y a quelques années où ces fêtes à grand tapage nocturne furent interdites par Tajmaït, l’aârch et les opposants étaient passibles d’une amende de (5000 DA) cinq mille dinars. Tout de même, faire la fête ne sera jamais interdit ou puni, mais il y a mille et une manières de faire la fête sans nuire à la tranquillité des autres, y compris en gardant ce fameux DJ et réduire le volume. Il n’est un secret pour personne que le tapage nocturne, quelque soit sa nature et sa cause, est considéré dans les pays qui se respectent et respectent l’être humain, comme un délit. Cela dit, il ne doit pas être laissé impuni. Mais quand l’anarchie prend le dessus pour régner, ce sera la loi de la jungle.

Salem Amrane