Les parents refusent de faire vacciner leurs enfants

Nonobstant les assurances du ministre de la Santé, où il a affirmé que le vaccin contre la grippe A/H1N1 dont l’Algérie a reçu le premier lot ne présentait aucun risque, la population est bel et bien rongé par l’incertitude et l’inquiétude. Nullement convaincue par les assurances de la tutelle, la population se livre pieds et poings liés aux rumeurs « faute de communication efficiente ». Pis encore, suite au décès du médecin urgentiste de Sétif, quelques heures après avoir été vaccinée contre cette pandémie, la panique s’est amplifiée. Il y a de quoi avoir peur, d’autant que le virus A/H1N1 se propage à une vitesse foudroyante et les dégâts humains se font ressentir. Autant de questions qui viennent à l’esprit du citoyen qui demeure malgré la gravité de ce virus, mal informé sur les symptômes de la maladie, et encore moins sur les effets secondaires du vaccin. Cet état de fait, qui frise la psychose, tend à se généraliser au sein de la population et en milieu scolaire en particulier. Le ministre de l’Education nationale a indiqué que la campagne de vaccination des élèves les plus vulnérables à être contaminés, n’a pas encore démarré au niveau des établissements scolaires. « La vaccination des élèves n’est pas obligatoire dans les écoles », avait expliqué le ministre. Toute vaccination, selon lui, ne se fera qu’avec l’accord préalable des parents d’élèves. Le département de Benbouzid entend visiblement rassurer les parents qui s’inquiètent sur les effets secondaires du vaccin. A la reprise des cours, les élèves ont reçu un cours unique sur les moyens de prévenir la grippe A au niveau national. Mais il est clair que ce n’est pas un cours qui atténuera les craintes des élèves et de leurs parents.

La vaccination des élèves dans les écoles fermement contestée

Il faut dire que la décision de faire vacciner les élèves dans les établissements scolaires est contestée haut et fort par les syndicats activant dans le secteur de l’éducation et celui de la santé. Le porte-parole du Syndicat national des travailleurs de l’éducation a révélé à cet effet, qu’aucune mesure de prévention contre le virus A/H1N1 n’a été entreprise au niveau des établissements scolaires ni par le ministère de l’Education ni par celui de la santé. « Au lieu de veiller à ce que les moyens de précaution soient mis à la dispositions des élèves qui devraient être bien informés sur la pandémie, quelques directeurs des établissements scolaires obligent les élèves à se procurer des masques ; dans le cas contraire ils seront renvoyés chez eux », a-t-il fait savoir. Un membre d’une association de parents d’élèves au sein d’un collège à Bab Ezzouar, a appelé le ministère de l’Education nationale à intervenir pour « prendre en charge psychologiquement les enfants scolarisés, d’autant que la panique a gagné pratiquement tous les établissements scolaires du pays ». Pour sa part, le SG de l’Unpef, dira dans ce sens que l’Etat doit avant tout, tenir des campagnes d’information sur les bonnes pratiques de la prévention. Celui-ci dira qu’il est impératif, voire vital de communiquer sur les symptômes et la conduite à tenir, sur les masques et la manière de les utiliser, sur la manière de se comporter face à un malade pour réduire le risque de transmission. « Si le médecin n’est pas convaincu de l’efficacité du vaccin contre cette pandémie, comment voulez-vous que les parents acceptent de faire vacciner leurs enfants ? », s’est-il indigné. Même son de cloche chez le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) qui ne cesse de se demander. « Comment la tutelle fera pour vacciner les élèves au niveau des établissements scolaires qui manquent de moyens nécessaires, s’il y a un cas à évacuer vers des services de réanimation », s’est indigné le docteur Mérabet. « Quelques instructions émanant de la tutelle sont irréalisables sur le terrain », a déploré le président du SNPSP qui fait allusion à « l’instruction n° 29 de la tutelle, dans laquelle il a enregistré une contradiction de qui a été édicté et de ce qui est proposé ».

Les parents refusent de faire vacciner leurs enfants

Alors que la campagne de vaccination contre la grippe A n’a pas encore démarré dans les écoles, les parents sont d’ores et déjà convaincus de l’inefficacité de ce vaccin et de sa dangerosité sur les enfants. « Il est absolument hors de question à ce que je fasse vacciner mon enfant ». C’est par cette annonce que la plupart des parents d’élèves nous ont fait part de leur avis, lors de notre virée hier dans la capitale. Les parents ont été unanimes à déclarer qu’ils refusent catégoriquement de faire vacciner leurs enfants. La raison : « Je sais que le vaccin contre la grippe A a des effets secondaires néfastes, mais j’ignore toujours pourquoi le ministère n’en dit pas plus », lance un parent de deux enfants scolarisés, d’un ton coléreux. Un autre père de famille nous dira : « Au début, je n’étais pas contre la vaccination de mes enfants, mais suite au décès du médecin de Sétif, j’ai changé carrément d’avis.  » Et d’enchaîner : « Ce qui a encore alimenté nos craintes, c’est le silence radio du ministère de la santé vis-à-vis des raisons qui sont à l’origine du décès de ce médecin ». Cela veut dire que le citoyen algérien n’a plus confiance en la tutelle.

Lemya Ouchenir