La cité des réfugiés de guerre datant des années 1957/1958, construite à la hâte, à force de volonté et d’éphémères espoirs, pour devenir enfin, un bidonville de secours devrait être initialement rasée en 1970, selon la loi coloniale. Cependant, cette cité des « Oliviers » sise à l’entrée de Sidi Aïch, est depuis restée en vie mais isolée insidieusement de toute modernisation, marchant sur des béquilles et ses habitants des laissés pour compte en vadrouille.
Sur un relief accidenté, ce sont en fait, une centaine de familles qui s’entassent dans des gourbis aux périmètres aussi exigus que des mouchoirs de poche. « L’hiver, nos toitures suintent de partout, tempête M. Haddad Boualem, président de l’association du quartier, l’index pointé aux toits protégés de bâches noires. Nuit et jour, nos minuscules pièces deviennent des piscines et le chemin devient boueux, difficilement praticable ! En été, les épidémies et les bestioles investissent nos rues et menacent notre quiétude. En 1993, une fillette de quatre ans est morte suite à la morsure d’un serpent. Pourtant, malgré nos jérémiades, rien de bon n’a été entrepris depuis au profit des citoyens ».
Maillon très pauvre d’entre les quartiers de la ville de Sidi Aïch, elle est devenue au fil des années, un fond de commerce électoral qui faisait saliver des générations de candidats à la tête de l’APC. « A chaque fois, nous leur faisons confiance, mais en vain ! Ils triomphent et ils nous oublient » regrette notre interlocuteur, les yeux rouges de colère. La meilleure promesse remonte à l’année 2008, où un projet de recassement a été mis sur pied et envisagé conjointement par le wali de Bgayet et le P/APC pour la construction de 40 logements évolutifs suffisamment capables d’endiguer l’habitat précaire.
Cependant, la joie des habitants des oliviers était de courte durée, leurs espoirs avaient tourné rapidement au cauchemar. « Vous savez, il y eut un détournement honteux. Dix logements ont été attribués « aux épaules larges », témoigne Haddad Boualem. Les autres logements qui revenaient de droit aux habitants de la cité sont restés sans gaz. Pour nous brancher à cette source vitale de nos jours, on nous demande de payer au préalable des sommes fort onéreuses, impossible à satisfaire. » Loin de croiser les bras et endurer une honteuse résignation, les habilitants du quartiers se sont tournés par courrier tour à tour au président de la République, au ministre de l’Habitat, au wali, au président de l’APW, au chef de daïra sans oublier les P/APC successifs.
Dernièrement, et cela remonte déjà à avril 2005, une décision de recasement a été prise au sein de l’APC. A ce jour, la promesse demeure sans suite effective et les habitants sont plongés dans une longue attente comme une plongée dans un ténébreux tunnel sans issue.
Toutefois, à y regarder de près, une fois, les familles recasées décemment, cette cité d’une superficie de quatre hectares serait rasée et le terrain deviendrait une assiette en or pour qu’un projet à caractère locatif (zone d’activité ou coopératives) y prenne racine.
D’ailleurs, la ville de Sidi Aïch manque cruellement de terrains pour toute implantation d’usine !
T. D.
